Le prodige suédois Armand Duplantis (20 ans) a réussi l’exploit de supplanter Sergueï Bubka en établissant la meilleure performance de tous les temps en plein air (6,15 m), jeudi lors du meeting Ligue de diamant de Rome.

Duplantis possédait déjà depuis février le record du monde (6,18 m), établi en salle. Il a ajouté une ligne prestigieuse de plus à son CV en se payant le luxe de dépasser l’un plus grands athlètes de l’histoire. Cela faisait plus de 26 ans que Bubka dominait la tête du bilan en extérieur après un saut à 6,14 m réalisé en juillet 1994 à Sestrières. Mais rien ne résiste à Duplantis, parti sans doute pour régner sur sa discipline durant de très longues années.

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Aucun adversaire à sa mesure

Cette prouesse, le champion d’Europe 2018 tournait autour ces dernières semaines, sans parvenir à la réaliser. Après avoir frappé fort cet hiver, ce surdoué de la perche avait fait du «record» en extérieur son objectif estival, faute de pouvoir disputer les Jeux olympiques, reportés à 2021, ni l’Euro, annulé en raison de la crise sanitaire.

Il a enfin touché au but, dans la chaleur du stade olympique, privé de public pour cause de Covid-19, et au terme d’un concours qu’il a écrasé, sans adversaires à sa mesure, à l’image de Renaud Lavillenie, qui n’est pas allé plus haut que 5,70 m.

«C’était plus un soulagement que de la joie»

Seul sur la piste après avoir franchi 5,85 m, il a passé 6 m sans encombres avant de s’attaquer à cette fameuse barre à 6,15 m. Il a fallu une petite «touchette» du bas-ventre pour l’empêcher de réussir son coup dès le premier essai mais le 2e fut parfait, le propulsant sur une autre planète.

«Les records? Je ne dirais pas que j’y suis habitué, c’est fou, a-t-il déclaré. Tout le monde en parlait, c’était une grosse pression sur mon épaule et je savais que je devais le faire pour que les gens arrêtent de me poser cette question. Quand je l’ai fait, c’était plus un soulagement que de la joie.» «Ce résultat a été long à venir, a-t-il ajouté. En arrivant dans la saison, nous ne savions pas si nous pouvions faire une compétition. Ce record du monde est vraiment inattendu et j’en suis très reconnaissant.»

Duplantis donne maintenant rendez-vous à Doha, le 25 septembre, pour un ultime récital en 2020. Et avec lui, tout est désormais possible.

Le record du 400 m haies tient toujours depuis 1992

Autre chasseur de record, Karsten Warholm devra en revanche patienter encore un peu. Le double champion du monde du 400 m haies a de nouveau sorti une course supersonique (47 s. 07) mais sans inquiéter Kevin Young, qui détient toujours le meilleur chrono de tous les temps (46 s. 78 en août 1992 aux Jeux Olympiques de Barcelone).

Parti de son habituel couloir 7, le Norvégien (24 ans) a logiquement survolé les débats, devançant largement le Français Ludvy Vaillant, très loin derrière à la 2e place en 48 sec 69. Celui qui s’était rapproché du Graal, le 23 août à Stockholm (46 s. 87, deuxième temps de l’histoire), a été cette fois moins rapide mais s’est tout de même estimé «satisfait». «C’est le troisième meilleur temps de ma vie, a-t-il expliqué. Je suis très heureux. Cette saison a été une bonne expérience pour moi. Le record du monde? J’ai l’habitude d’en parler et j’adore ça parce que ça montre que je suis dans le bon rythme, que je suis proche.»