Aéronautisme

Se poser sur le Goûter, un exploit en 1921

Le petit avion qui a atterri le 18 juin sur le Mont-Blanc a déclenché une polémique franco-suisse et ravivé le souvenir de François Durafour, premier pilote à réussir ce qui fut alors salué comme un immense exploit

«Honteux», «scandaleux», «inadmissible». Depuis mardi, la presse française n’a pas de qualificatif assez dur pour stigmatiser l’atterrissage d’un petit avion biplace sous le Mont-Blanc. L’appareil, un Piper PA-18 Super Cub enregistré à l’Aéroclub de Genève, a posé son fuselage rouge et jaune à 4400 m d’altitude, à proximité du dôme du Goûter. Sur la page Facebook de sa commune, le maire de Chamonix, Eric Fournier, s’est emporté contre cet «atterrissage sauvage», qu’il considère comme «une provocation» et «une atteinte intolérable à l’environnement de haute montagne».

«Qu’ils fassent ça en Suisse!» a grommelé Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais, dans Le Dauphiné libéré. Très vite sur les lieux, les gendarmes du peloton de haute montagne de Chamonix ont relevé les identités des deux occupants, qui s’exposent à une plainte en France, mais également à une enquête suisse de l’Office fédéral de l’aviation, selon le Blick. Les deux élus haut-savoyards dénoncent un pas de plus vers la «disneylandisation» de la montagne, à travers ce qu’Eric Fournier décrit comme «un comportement inédit».