Vettel, auteur d’une course irréprochable, a été grandement aidé par la monumentale erreur de stratégie de Ferrari. L’écurie italienne avait misé de marquer à la culotte Mark Webber - au classement général le dauphin de l’Espagnol avant la course. Or Ferrari a commis la même bourde que l’Australien. Red Bull a en effet choisi de faire rentrer Webber précocement aux stands, dès le 12e tour, pour un changement de pneus, alors que la course avait déjà été précédemment neutralisée après une spectaculaire collision entre Michael Schumacher (Mercedes) et Vitantonio Liuzzi (Force India) dès la 1ère boucle. Mais Webber, après son changement de pneus, s’est retrouvé coincé quelques tours derrière l’Espagnol Jaime Alguersuari, alors 15e. Ce qui n’a pas dissuadé Ferrari de rappeler très vite Felipe Massa puis Fernando Alonso, les deux hommes se retrouvant à leur tour englués dans le peloton. Pendant ce temps, Vettel menait l’épreuve tambour battant, à peine titillé par Lewis Hamilton, lui même suivi par son partenaire Jenson Button. Le champion déchu, auteur d’un excellent départ, avait déjà dépassé Alonso à l’entame. Les trois hommes termineront la course dans cet ordre.

Alors qu’il comptait 18 points de retard sur Fernando Alonso à deux GP de la fin, l’Allemand a donc réussi à renverser une situation compromise pour doubler Alonso et Webber, avec deux victoires consécutives et un sang froid à toute épreuve. Un tour de force qui fait de Vettel le plus jeune champion du monde de l’histoire de la discipline. A 23 ans, 4 mois et 11 jours, et seulement trois saisons de F1 derrière lui, l’Allemand dépasse le Britannique Lewis Hamilton, sacré en 2008 à l’âge de 23 ans, 10 mois et 26 jours, qui avait lui-même pris le record de l’Espagnol Fernando Alonso, couronné en 2005 à 24 ans, 1 mois et 27 jours. Par ailleurs, la consécration est totale pour l’écurie Red Bull Renault, déjà titrée au classement des constructeurs.