C'est le plus jeune et le mieux préparé des deux prétendants. Extraordinairement talentueux, Sébastien Buemi baigne dans le milieu de l'automobile depuis sa tendre enfance. Son grand-père, Georges Gachnang, était lui-même pilote au début des années 60.

En même temps que sa cousine, Natacha Gachnang - qui vise le championnat de GP2 la saison prochaine -, Sébastien Buemi a très vite commencé à tâter du karting. Il est devenu champion suisse de la catégorie mini à l'âge de 9 ans, avant de terminer vice-champion de Formule BMW, puis de Formule 3 et de GP2.

Un tel parcours ne pouvant être financé par sa famille, Sébastien Buemi a eu la chance d'être repéré, à 15 ans déjà, par Red Bull. A la recherche du futur champion du monde, la marque de boisson lui a offert un contrat de cinq ans.

En sport automobile, il est toujours nécessaire de pondérer les résultats d'un pilote à l'aune des qualités de sa voiture. Il n'est vraiment possible de juger la rapidité qu'au travers des performances du coéquipier qui, théoriquement, est le seul à disposer d'un matériel identique.

Signe qui ne trompe pas, Sébastien Buemi, au fil de sa carrière, a toujours écrasé lesdits coéquipiers. En Formule 3, à Macao, il a battu Bruno Senna, le neveu d'Ayrton, de près de deux secondes sur la grille de départ. Un gouffre. Cette saison, il a littéralement écrasé Luca Filippi en GP2, alors que l'Italien était considéré comme l'un des principaux favoris du championnat.

Surdoué, Sébastien Buemi est aussi un «finisseur»: au volant d'une Arden considérée comme l'une des plus mauvaises monoplaces du plateau de GP2, le Vaudois a réussi à marquer 50 points cette saison. Mais surtout, il a signé des attaques surprenantes et possède un sens de la glisse fantastique.

A Magny-Cours, en lever de rideau du Grand Prix de France, le Vaudois est parti 21e sur la grille pour réussir l'impossible exploit: remporter la course en partant sous la pluie avec des pneus lisses. Une remontée de folie où le jeune Suisse a fait preuve d'un brio rare, réussissant des dépassements que les manuels de pilotage découragent.

Sébastien Buemi est le mieux placé des dix jeunes pilotes actuellement sous contrat avec Red Bull. C'est donc à lui que devrait revenir le volant d'une des deux Toro Rosso la saison prochaine, tandis que Sebastian Vettel sera promu au sein de l'autre écurie Red Bull, et que Sébastien Bourdais n'est pas certain d'être confirmé au vu de ses performances décevantes.

Déjà troisième pilote cette saison, le Vaudois a pu tester les F1 de ces deux écuries à plusieurs reprises. Il occupe souvent un petit appartement à Milton Keynes, proche de l'usine Red Bull, où il s'imprègne quotidiennement de son mode de fonctionnement.

A 19 ans, Sébastien Buemi a le talent et a bénéficié d'une préparation idéale pour passer en Formule 1. Il n'y a plus qu'à signer avec Toro Rosso, à moins que la petite équipe ne lui préfère des pilotes qui amènent des sponsors prodigues, comme c'est le cas de Bruno Senna ou de Nelsinho Piquet. En F1, le talent ne peut parfois rien contre l'argent.

- Carte d'identité:

Né: le 31 octobre 1988, à Aigle.

Etat civil: célibataire.

Domicile: Manama (Bahreïn).

Taille: 1,77 m.

Poids: 62 kilos.

Situation: championnat GP2 Series et GP2 Asie, deuxième du général avec Trust Team Arden. Pilote essayeur Formule 1 avec Red Bull et Toro Rosso.