Le Temps: Comment vous est venue l'idée de revenir au Championnat du monde de Farr 40, remporté en 2001?

Ernesto Bertarelli: On a évoqué cette possibilité pendant la Coupe de l'America. On s'était tellement amusés en 2001 que, avec Simon (Daubney), Warwick (Fleury), Russell (Coutts) et Curtis Blewitt, on s'est dit que ce serait pas mal d'y retourner. L'idée a mûri lors des froides journées d'entraînement à Auckland. Même si l'esprit de compétition est très présent, c'est sympa de naviguer sans pression et sans expectative. En plus, je peux barrer, donc je ressens d'autant plus de plaisir. Russell, lui, se charge de la tactique. C'est assez drôle, ce changement. Mais, à bord, c'est quand même Russell qui commande. Je fais aller le bateau et lui décide si on part à droite ou à gauche. Il a un œil sur tout.

– Avez-vous l'impression que les gens vous regardent différemment depuis que vous avez gagné la Coupe de l'America?

– On sent que nos adversaires ont vraiment envie de nous battre, que cela leur ferait plaisir de devancer l'équipage vainqueur de la Coupe. C'est sympa de se retrouver dans ce milieu. Les gens me serrent la main et me font des compliments, mais ils ne me posent pas de questions sur la prochaine édition. Ils restent assez discrets.

– Quel est votre rôle dans l'organisation de la défense?

– Je m'occupe de quelques petits ajustements de temps en temps, mais sinon, le procédé est le même que la dernière fois. Nous nous sommes mis d'accord sur les objectifs et sur les moyens de les atteindre. Il y a toujours des choses à discuter, mais pour l'engagement des marins, je laisse faire Russell, il les connaît mieux que moi. Je m'occupe un peu des relations avec Oracle. J'essaie de voir comment son staff s'organise. Je vais tenter de participer à la régate contre lui en septembre à San Francisco. Cela me permettra de revoir Larry Ellison. Nous devons rester assez proches de lui, car son défi est le «Challenger of Record» (représentant des Challengers) et il faut que l'on arrive à travailler ensemble. La grosse différence, c'est que maintenant, il y a une énorme attente des gens. La barre est placée haut. L'œil des médias en Suisse a changé. Maintenant, les gens s'intéressent, veulent savoir où on en est. Cela, je le sens vraiment.