Si le tournoi masculin ne réserve, pour l’heure, que des surprises sur blessures (Nadal, Baghdatis, Youzhny entre autres), les dames, elles, se paient une bonne tranche d’histoire lors de cet Open d’Australie 2010. Avec, «première» lors d’un Grand Chelem, la présence de deux joueuses chinoises au sein du quarteron de demi-finalistes.

Jie Zheng, 26 ans, format de poche (1m64 pour 57 kilos), WTA 35, a grimpé sa montagne sans bruit: sa compatriote Shuai Peng en hors-d’œuvre, puis Maria-José Martinez (No 24), Marion Bartoli (11), Alona Bondarenko (31) et Maria Kirilenko (sur abandon). Elle disputera sa demi-finale dans la nuit de mercredi à jeudi contre Justine Henin, la revenante belge non classée et pourtant favorite.

L’autre Chinoise, un peu moins bout de chou (1m73, 65 kilos, 28 ans), se nomme Na Li. Mercredi, elle a tout simplement éclaté l’aînée des Williams, Venus (No 6), par 2-6 7-6 (7/4) 7-5 en 2h47’, après un duel aussi acharné que l’indiquent les chiffres. Trahie pas sa première balle de service dès la mi-match, la grande Noire à la robe fendue n’a pu que constater les dégâts.

En conférence de presse, Na Li, hors discours officiel dicté par le Parti, a révélé deux ou trois choses intéressantes: qu’au début de sa carrière, la Fédération nationale lui prenait 60% de ses gains, proportion tombée à 12% aujourd’hui (il est vrai que ses revenus ont bien dû quintupler depuis...); que grâce à elles deux, les retransmissions et l’audience tennistiques prennent de l’importance en Chine; que, exceptionnellement, elle boira une bière ce soir; qu’il n’a y a pas encore de bons tennismen chinois sur le Circuit, mais que cela ne saurait tarder vu la richesse du vivier et le travail accompli au niveau des juniors.

Heureuse Na Li, qui doit se frotter jeudi à la tenante du titre, Serena Williams (No 1, vainqueur de Victoria Azarenka 4-6 7-6 (7/4) 6-2), avant de s’endormir en compagnie d’un rêve de finale.