La guerre de tranchées entre Sepp Blatter et Michel Platini a connu un nouvel épisode ce samedi. Il a eu pour rampe de lancement le quotidien néerlandophone de Volkskrant. Sepp Blatter y donnait un très long entretien, qu’il est loisible de lire sur le site du journal dans une traduction anglaise (et bien sûr en néerlandais).

A la première question concernant ses relations avec Michel Platini («Michel Platini était votre ami. aujourd’hui il organise l’opposition contre vous. Comment cela vous affecte-t-il?»), le président sortant de la FIFA répond: «Confucius a dit «retourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de répondre...» Puis il ajoute: «il y a un virus anti-FIFA à Nyon.»

Au fil des questions, le journaliste du Volkskrant lâche enfin sa question brulânte: «Des sources dignes de foi nous ont confié que Michel Platini a intimidé votre famille durant les élections du congrès de mai». La réponse de Sepp Blatter claque: «Oui».

Le journaliste note: «Pour la première fois de l’entretien, Sepp Blatter devient émotif. Il devient silencieux et évite le contact occulaire». Puis le reporter précise: «Nous avons ouï dire que votre frère Peter a pleuré». Sepp Blatter dégoupille sa grenade: «J’ai récemment parlé avec mon frère à Crans-Montana. Il m’a répété ce qui est arrivé (...) Je l’avais vu pleurer au repas lors du congrès. Je lui avais demandé «Qu’est-ce qu’il y a? (...) Je n’ai su qu’après que Platini, durant le repas s’est assis auprès de mon frère et a dit: «Dis à Sepp de se retirer de l’élection ou il ira en prison».

Samedi, nous apprend l’AFP , «une source proche de Michel Platini a qualifié ces nouvelles affirmations de M. Blatter d’«histoire montée de toutes pièces». Il s’agit de «la dernière d’une série de tentatives de Zurich pour distraire le monde des vrais problèmes auxquels la Fifa est confrontée», a poursuivi cette source, affirmant que «le président de l’UEFA ne va pas donner de crédit à ces allégations ridicules en y répondant. M. Platini est actuellement plus préoccupé par la préparation d’un programme qui puisse restaurer l’image et la réputation de la Fifa et qui puisse surtout développer le football dans le monde entier»

Cette élection aura lieu le 26 février à Zurich. Le seul autre candidat officiellement déclaré est pour l’instant le sud-coréen Chung Mong-joon, qui détaillera son programme lundi à Paris. Le Prince jordanien Ali bin Al Hussein, seul candidat contre Blatter en mai, pourrait lui aussi entrer en lice.

Cette menace voilée aurait été faite par Platini au frère de Sepp Blatter, à Zurich, quelques heures avant le vote qui allait conduire à la réélection de M. Blatter à la tête de la Fédération internationale. Quatre jours plus tard, Sepp Blatter avait annoncé qu’il démissionnait et remettait son mandat en jeu, réagissant visiblement au coup de filet lancé par la justice américaine contre une dizaine de dirigeants de la FIFA accusés de corruption.

«Une histoire montée de toutes pièces»

«Durant le déjeuner, Platini s’est assis à la table de mon frère (Peter) et lui a dit: «dis à Sepp de retirer sa candidature, ou il ira en prison»», a affirmé M. Blatter samedi au journal, précisant n’avoir appris que récemment par son frère ces propos supposés de Platini. Samedi, une source proche de Michel Platini a qualifié ces nouvelles affirmations de M. Blatter d’«histoire montée de toutes pièces». Il s’agit de «la dernière d’une série de tentatives de Zurich pour distraire le monde des vrais problèmes auxquels la FIFA est confrontée», a poursuivi cette source. Michel Platini est officiellement candidat à la présidence de la FIFA depuis le 29 juillet. Cette élection aura lieu le 26 février à Zurich.