Chefs-d’œuvre en péril (2/6)

Sept fois vainqueur, sept ans de malheur

Septuple vainqueur de la Ligue des champions, référence mondiale des années 1990, l’AC Milan n’a pas su capitaliser sur ses succès et vit une profonde crise économique et sportive, antérieure au départ de Silvio Berlusconi

Durant la phase de poule de la Ligue des champions, Le Temps rend visite à six anciens vainqueurs de la plus prestigieuse compétition européenne de clubs aujourd'hui tombés dans le rang, pour différentes raisons.

Samedi soir de derby à Milan lors de la quatrième journée de Serie A. Les supporters de l’Inter quittent, festifs, le vieux stade San Siro. Leur équipe vient de battre le Milan 2-0, mais le score aurait pu être bien plus large. Surtout, c’est la septième fois de suite qu’ils sortent invaincus de ce grand classique du football mondial. Ils glissent, joyeux, le long des rampes de la tribune Est sur lesquelles sont fixées des plaques commémorant les titres remportés par les deux clubs lombards. Il y a notamment les 18 trophées internationaux du Milan, dont les sept Ligue des champions (1963, 1969, 1989, 1990, 1994, 2003, 2007).

Malgré la température encore estivale, Andrea, fidèle abonné, supporte mieux l’écharpe rouge et noir qu’il porte autour du cou que la scène qu’il observe d’une mine déconfite. «Une équipe qui vise la quatrième place, ce n’est pas le Milan, rouspète-t-il. Je veux bien qu’il y ait des cycles moins bons que d’autres, mais là, ça dure depuis sept ans.» D’autant que l’Inter, le grand rival, longtemps mal en point lui aussi, a amorcé sa renaissance avec des propriétaires investis, une direction expérimentée, une formation compétitive menée par Antonio Conte et le retour en Ligue des champions l’an passé. Objectif loupé pour un petit point par les rossoneri en mai dernier et qui les a contraints à reporter leur come-back dans une compétition dont ils restent deuxièmes au palmarès malgré cinq ans d’absence.