Serena Williams est menée 4-6 5-6 15-30 lorsque, à la stupéfaction générale, une juge de ligne la sanctionne d’une faute de pied. Protestations, colère, menaces. Point de pénalité, set et match pour Kim Clijsters. Qu’a dit réellement Serena Williams? «Je n’ai proféré aucune menace de mort!» Un photographe de l’agence Reuters rapporte une autre version: «Je le jure devant Dieu, je vais prendre cette balle, et je vais vous l’enfoncer dans le gosier. Vous entendez ce que je dis? Je le jure devant Dieu.» Fondamentalement, il subsiste la question d’une faute de pied que douze ralentis vidéo n’ont pas établi formellement, une faute punie aussi souvent, dans le tennis, que l’attentat à la pudeur dans les camps de nudistes. Il subsiste une ligne de flottaison insaisissable entre l’esprit d’un règlement et son application stricto sensu, entre l’éthique sportive et la probité tatillonne. «Quoi qu’il en soit, Kim n’a rien volé. Elle était nettement meilleure», conclut Serena Williams.