Le conte de fées devra attendre un peu avant de devenir réalité. Justine Henin, 27 ans, ex-No 1 mondiale, titulaire de sept Grands Chelems dont un ici à Melbourne (2004), revenante sur le circuit après 18 mois de «retraite» et un seul tournoi avant celui-ci – finale à Brisbane –, n’est pas parvenue à vaincre «fight girl», cette combattante hors pair qu’est toujours, à 28 ans, la cadette des Williams, Serena, du haut de ses 1 m 75 pour 68 kilos.

«La vraie, la seule patronne, c’est moi», semblaient signifier les rugissements de la Noire américaine lors des ultimes échanges décisifs d’une partie qui n’aura pas soulevé des montagnes. Juste une poignée de points magiques que seules les deux joueuses en présence (outre Kim Clijsters) sont aujourd’hui capables d’inventer.

Cette dernière avait, d’ailleurs, sorti Serena en demi-finale de l’US Open 2009, puis s’était adjugé le trophée aux dépens de Caroline Wozniacki. Avant de triompher de cette levée du Grand Chelem, la Flamande possédait un tournoi de plus dans les jambes que sa compatriote wallonne. Ce qui, samedi autour de la Rod Laver Arena, a provoqué un commentaire général selon lequel Justine, moins précise qu’à sa belle époque, manquait de compétition.

Une reine tout terrain

Sans doute. Le fait de mener 1-0 et 15-40 sur le service puissant de Serena, d’avoir aligné quinze points d’affilée entre le terme du deuxième set et le début du troisième, puis de relâcher la pression jusqu’à laisser revenir, puis passer devant, une adversaire au bord de l’épuisement – 35 degrés sans le moindre souffle d’air dans le stade –, voilà qui eût dû jouer en faveur de la musaraigne belge.

Mais non: 6-4 3-6 6-2 en 2h07. Au passage, Serena Williams a fait mentir la statistique voulant qu’elle ne quitte pas l’Open d’Australie victorieuse les années paires (ses quatre précédents titres ici datent de 2003, 2005, 2007, 2009). Mais l’unique chiffre sérieux à retenir est celui-ci: ce succès procure son 12e trophée du Grand Chelem à Serena Williams – cinq Open d’Australie, un Roland-Garros, trois Wimbledon, trois US Open. Le tout sur les quatre surfaces différentes utilisées. Respect, Mademoiselle!