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Serena Williams a écarté Kristyna Pliskova en deux sets disputés (7-6 6-4). 
© Aurelien Meunier/Getty Images

Tennis

Serena Williams, le retour de Catwoman

Neuf mois après la naissance de sa fille, l'ex-numéro 1 mondiale s'est qualifiée pour le deuxième tour du tournoi de Roland-Garros en battant la Tchèque Kristyna Pliskova (7-6 6-4)

Maurice Chevalier donna un jour ce conseil à un débutant qui se faisait appeler Johnny Hallyday: «Soigne ton entrée et ta sortie, et entre les deux improvise!» A 36 ans, Serena n’est pas exactement une débutante mais la confrontation, mardi sur le court central de Roland-Garros, de la meilleure des sœurs Williams et de la moins bonne des sœurs Pliskova peut se résumer ainsi.
Serena Williams fit forte impression en dévoilant une spectaculaire combinaison intégrale noire (seulement barrée d’une ceinture rouge), dont elle expliqua la symbolique en conférence de presse. Sa voix était douce, le ton apaisé mais sa parole était forte et ses mots touchants et sincères. Entre les deux, elle fit ce qu’elle put sur le court pour écarter Kristyna Pliskova en deux sets disputés (7-6 6-4).

Retombée au 451e rang mondial

L’Américaine se savait très attendue à Paris. Elle n’avait plus joué depuis la tournée américaine au début du printemps et ce premier come-back raté pour ses standards (deux victoires, deux défaites) était sans doute trop précoce. Six mois plus tôt, elle accouchait de son premier enfant, une petite fille prénommée Olympia. Et sept mois encore en amont, elle interrompait sa carrière au terme de sa victoire en finale de l’Open d’Australie pour se consacrer à sa grossesse.
Détentrice de 23 titres majeurs, Serena Williams n’avait donc plus joué en Grand Chelem depuis janvier 2017.

Avoir un enfant à mon âge et revenir dans la vie active est difficile. Ça l’est particulièrement dans le sport, parce que le corps se détend et change

Retombée au 451e rang mondial, mais bénéficiant d’une invitation, elle fit son apparition dans une tenue moulante qu’elle avait déjà portée il y a quelques années. Si vous pensez le détail futile, lisez l’explication qu’elle en donna après le match: «C’est ma combinaison de Catwoman, version 2.0. Celle-ci est inspirée de Wakanda [le royaume imaginaire de Black Panther, un film qui met pour la première fois en scène et en vedette des super-héros d’origines africaines]. Lorsque je la porte, je me sens comme une super-héroïne.»

Imposer sa force de frappe

Serena Williams a toujours eu une assez haute opinion d’elle-même. Mais un grand pouvoir implique une grande responsabilité (dixit Spiderman), et c’est autant pour elle que pour les autres femmes qu’elle a enfilé le costume. «Avoir un enfant à mon âge et revenir dans la vie active est difficile. Ça l’est particulièrement dans le sport, parce que le corps se détend et change, mais c’est difficile pour toutes les femmes. Je n’ai jamais caché que j’avais eu un accouchement difficile, avec des complications, et cette sincérité a fait que de nombreuses femmes se sont ouvertes à moi parce qu’elles avaient à peu près les mêmes histoires et problèmes. Mais d’elles on ne parle jamais. Alors puisqu’on parle de moi, c’est au nom de toutes les mères que je porte ma combinaison.»

Serena Williams était cependant seule sur le court pour gagner son match. Face à une gauchère dotée d’un gros service, elle ne put longtemps que rester dans la partie en remportant ses mises en jeu. Progressivement, elle parvint à imposer sa force de frappe dans l’échange.
Elle aura la partie plus difficile au deuxième tour face à l’Australienne Ashleigh Barty (17e mondiale), qui a aisément disposé de la Russe Natalia Vikhlyantseva (6-3 6-1). Elle fera au mieux, sans se prendre trop la tête. «Je n’aurais pas joué ici si je ne m’étais pas sentie prête», assure-t-elle sans savoir cependant si elle peut viser le titre.

La compétitrice sommeille sans doute encore sous la jeune mère mais mardi, à 19h, elle ne confessait qu’une envie: «Rentrer vite voir ma fille.» Dans Paris, des affiches proclament: «The Queen is back», mais lorsque Serena Williams rentre à son hôtel, c’est au cri de: «Mama is back!»

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