Finale à sensation

Serena Williams s’incline avec gaieté devant la performance et le courage d’Angelique Kerber

L’Allemande a réalisé l’exploit de battre la numéro un mondiale au terme d’une finale d’une grande intensité. La qualité du match atténue la déception de l’Américaine, épatée par son adversaire du jour

Elle devra attendre encore pour décrocher sa 22e couronne en Grand Chelem. A croire que la perspective d’égaler Steffi Graf tétanise quelque peu Serena Williams. Et, ironie de l’histoire, c’est une Allemande qui aujourd’hui la prive de cette ligne supplémentaire à son invraisemblable palmarès.

Mais si l’Américaine pouvait clairement se mordre les doigts après sa défaite contre Roberta Vinci en demi-finale de l’US, elle ne peut que s’incliner aujourd’hui devant le jeu prodigué par sa contradictrice.

Certes, la numéro un mondial a fait preuve de fébrilité lors du premier set en commettant 23 fautes directes.  Mais Angelique Kerber a été époustouflante, et le troisième set livré par les deux jeunes femmes samedi sur le court de la Rod Laver Arena fut de très haut niveau.

« C’était un très bon match, très intense. J’ai trouvé ça très excitant », confie Serena Williams particulièrement souriante devant la presse.  Comme si, lassée d’une domination à sens unique, elle trouve un certain plaisir à rencontrer une opposition permettant de porter le jeu féminin à un degré supérieur. La qualité de la performance l’aiderait-elle à avaler cette défaite ? Elle sourit encore: « Tout le monde s’attend toujours à ce que je gagne chaque match et chaque point, mais ce n’est pas réaliste. J’adorerais être un robot, j’essaie, mais je ne le suis pas. »

Etonnante gaieté

Elle d’habitude si chafouine après ses rares matches perdus, affiche une gaieté étonnante. « J’ai vraiment l’air aussi heureuse qu’elle ? Je devrais faire du cinéma alors », plaisante-telle. Avant de poursuivre et de rendre hommage au courage de Kerber. « Je suis très heureuse pour elle. Elle a joué tellement bien aujourd’hui. Et surtout elle a fait preuve d’une attitude sur le court dont beaucoup devrait s’inspirer. Elle a su rester positive sans jamais baisser les bras, confie encore Williams. Elle a progressé au niveau du jeu de jambes et sur le plan mental. Elle est là sur chaque point. »

Emotion contagieuse

Un bel hommage pour Angelique Kerber, envahie par une émotion contagieuse à l’heure de savourer son premier sacre en Grand Chelem. « Je viens de vivre les deux semaines les plus incroyables de ma carrière. Sauver une balle de match au premier tour et battre Serena pour le titre ! » Au-delà de la victoire, l’Allemande aime l’idée d’une finale accomplie. « J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir pendant deux heures », souffle-t-elle. Et le public de la Rod Laver Arena aussi.

Le travail et la transpiration

Elle est la première allemande à remporter un Grand Chelem depuis Steffi Graf en 1999. Kerber forcément est fier de marcher sur les pas de sa glorieuse aînée, source d’inspiration pour elle. « Steffi m’a envoyé un message après ma demi-finale pour me souhaiter bonne chance. Je suis certaine d’avoir de ses nouvelles quand j’aurai le temps d’allumer mon portable. » Et d’ajouter : « Steffi m’a dit un jour que le travail et la transpiration sur les courts d’entraînement finiraient par payer. C’est exactement ce qui s’est passé. En même temps, c’est Steffi Graf, elle sait de quoi elle parle ».

Grâce à sa compatriote, Graf, 22 couronnes, reste seule au deuxième rang des joueuses les plus titrées en Grand Chelem de l’histoire derrière Margaret Court (24). Jusqu’à ce que Serena Williams finisse peut-être par réussir à la rejoindre…

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