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JUDO

Sergei Aschwanden, objectif médaille

Le Vaudois participera à ses troisièmes Jeux olympiques, en tant qu'outsider. Après son échec d'Athènes, il affiche une maturité et une sérénité nouvelles qui pourraient lui servir.

A Macolin, Sergei Aschwanden a commencé sa préparation pour les Jeux olympiques par un séjour de trois semaines dans un caisson à oxygène. C'est avec un programme chargé qu'il s'apprête à entamer la dernière ligne avant Pékin. «J'ai encore des stages d'entraînement et des compétitions avant de partir au Japon le 20 juillet pour la phase d'acclamation. Puis, le 4 août je pars sur Pékin où je combats le 13», explique le Vaudois qui espère que cette dernière ligne droite se fera sans blessure.

Et d'expliquer les raisons de ces trois semaines d'isolement dans un caisson hypoxyque: «C'est comme un entraînement en altitude. Je n'ai pas pu aller à la montagne car malheureusement je suis le seul Suisse à m'être qualifié pour les Jeux et j'ai besoin de partenaires d'entraînement. Et eux sont obligés de rester à Macolin car ils ont d'autres compétitions.»

Il poursuit: «Le but du caisson est d'augmenter les globules rouges pour récupérer plus vite. Au niveau de la compétition en elle-même, cela ne sert à rien. Mais dans dix jours, je pars en stage en Russie et cela me permettra d'augmenter les charges d'entraînement là-bas. Ça sera bénéfique. Il y a aussi un aspect mental non négligeable parce que je me suis retrouvé 16-17 heures par jour tout seul dans une chambre de 10 m2. Je sortais juste pour manger et m'entraîner. Cela m'a permis de faire un travail sur moi-même. C'était vraiment le point de départ de ma préparation pour les JO. Car automatiquement, en étant seul, on commence à y penser et à échafauder des stratégies. Ça met dans le bain psychologiquement.»

«Il faut savoir faire des sacrifices»

Cela d'autant plus que dans cette bulle, Sergei Aschwanden a consacré son temps au judo. «J'ai regardé des vidéos, fait un travail de visualisation et fortifié mes doigts avec des pâtes à main en silicone. C'est long trois semaines, mais il faut y passer au minimum 300 heures pour avoir l'effet escompté. Pas toujours facile quand il fait 25 degrés dehors et qu'il faut passer tout le week-end dans cette cage. Mais cela fait partie de ma préparation. J'ai la chance de pouvoir aller aux JO, tout le monde ne l'a pas. Il faut savoir faire des sacrifices de temps en temps.»

A Athènes, le Vaudois avait été éliminé au premier tour alors qu'il était vêtu du costume de favori. C'est dans la tête qu'il avait péché et il le reconnaît. «Je n'ai pas été à la hauteur, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. J'ai été pris par la portée de l'événement et ne pensais pas que cela aurait un tel impact sur moi. J'ai eu du mal à gérer tout ça.»

Il réfute en revanche avoir péché par excès de confiance. «Pas du tout. Il faut être conscient qu'au judo, tout peut arriver. Si l'on a trop confiance en soi, on tombe de haut. Il faut rester vigilant. Le fait d'avoir le statut de favori pousse à se concentrer sur son activité sportive sans forcément sentir à 100% cette atmosphère olympique. Du fait de l'objectif à atteindre. Aurait-il fallu rester un peu plus ouvert? Oui, c'est possible. On fait toujours le maximum pour avoir 100% de réussite le jour J. Mais ça reste du sport et la défaite en fait partie. Il faut l'accepter. On a essayé de mettre tous les atouts de notre côté à Athènes et je ne nourris aucun regret.»

Il y a quatre ans, il s'était muré dans ses ambitions, faisant le vide autour de lui, renonçant à toute sollicitation médiatique et jusqu'à la cérémonie d'ouverture. Il y a quatre ans, il s'était finalement perdu dans ce «tunnel» qu'il vantait. A cette fausse assurance revendiquée, il préfère aujourd'hui une décontraction assumée. Il faut dire que ce garçon de 32 ans a pris de la bouteille. «Heureusement! J'espère être plus mûr qu'en 2004. Si je n'avais pas évolué et pris en maturité en quatre ans, ce serait dramatique», dit-il en riant.

S'il reconnaît qu'une concentration très élevée est nécessaire dans cette discipline «où la moindre erreur peut être fatale et signifier la fin du combat», le judoka vaudois ne va pas essayer d'aborder ces JO avec une plus grande sérénité. Et a, pour cela, adapté quelque peu sa préparation mentale. «Depuis Athènes, j'ai appris sur moi-même. J'ai travaillé sur des détails avec mon préparateur mental, le même avec qui je collabore depuis dix ans. L'accumulation de ces subtilités fait qu'il y a peut-être une grande évolution. Il est vrai que si on ne considère que le résultat d'Athènes, c'est laborieux, perdre au premier tour. Mais en réalité cela s'est joué à peu de chose. Je n'étais pas des à des milliers de kilomètres du podium. Et ça aurait très bien pu basculer de l'autre côté.»

«J'ai les capacités pour faire une médaille»

De petits changements qui, vu de l'extérieur, donnent l'impression d'une approche moins bridée. Aidée par un statut différent. Car depuis les JO 2004, Sergei Aschwanden a changé de catégorie. Passant des moins de 81 kilos au moins de 90 kilos. Et se considère comme un outsider. Ce qu'il ne l'empêche pas de caresser le rêve de podium olympique. «Le judo, c'est ma passion, mais aussi mon boulot. J'ai investi beaucoup depuis dix ans. Si je ne pensais pas avoir la possibilité de décrocher une médaille, j'aurais déjà arrêté depuis longtemps. Car juste participer, c'est bon, je l'ai déjà fait. Je sais que j'ai les capacités de faire une médaille, il n'y a pas de raison de ne pas pouvoir le dire et le penser.»

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