La reprise du championnat est laborieuse pour le Servette FC, champion en titre. Battus à domicile il y a une semaine par Lugano, les hommes de Gérard Castella ont une nouvelle fois souffert devant le public clairsemé (3873 spectateurs) des Charmilles. Ils n'ont pas réussi à imposer leur jeu face à un FC Lucerne replié et bien organisé devant son gardien. Pas étonnant que le seul but de la rencontre (56e) soit venu d'une balle arrêtée: corner de Petrov et tête décroisée de Wolf. Une réussite qui n'allait pas pour autant libérer les maîtres de céans. Les Lucernois presseront jusqu'à la 94e minute. Sans réussite. Eric Pédat, meilleur homme sur le terrain, mettait son veto à quatre reprises, alors que la barre transversale repoussait un essai de Frei.

Les Genevois ne retiendront que deux aspects positifs de cette rencontre: l'excellent retour du gardien titulaire et les trois points engrangés au classement. Pour le reste, l'entraîneur a du souci à se faire. Et Gérard Castella le sait: «On ne va pas gagner beaucoup de matchs comme cela. C'est une victoire qui m'inquiète.» A commencer par le système de jeu. La formule avec trois attaquants – Thurre, Rey et Petrov – n'a pas donné satisfaction. L'entraîneur acquiesce: «Il ne faut pas changer notre système qui a fonctionné pendant deux ans. Avec cinq joueurs au milieu de terrain, toute l'équipe est sécurisée. Actuellement, nous sommes trop vite déstabilisés.» En clair, le 3-4-3 présenté samedi soir (et il y a une semaine) laissera la place au traditionnel 3-5-2, sauf quelques exceptions. «Si le besoin s'en fait sentir», dira Gérard Castella.

Ce qui ne sera pas pour déplaire à Alexandre Rey. Le meilleur buteur du dernier championnat paraissait dépité à la fin du match, déclarant: «Si on n'arrive pas à imposer notre jeu avec trois attaquants, il faut se remettre en question.» La faute uniquement au système de jeu? Non. L'équipe n'est physiquement pas très en jambes. Trop statiques, les Servettiens n'ont d'ailleurs mis en difficulté leur adversaire qu'en une seule occasion, sur une contre-attaque de Rey (82e).

Autre aspect négatif, le mental de l'équipe. Nous avons vu des joueurs tendus, en manque de confiance, rapidement douter de leurs possibilités. Pourtant, le Servette FC n'a perdu jusqu'ici… qu'un match. Que la défaite face à Lugano laisse des traces, c'est normal. Qu'elle déstabilise autant l'équipe laisse pantois. Si les Genevois veulent s'imposer à nouveau dans ce championnat, il est indéniable qu'ils doivent faire des progrès dans ce domaine.