Le Servette FC est recalé par la Ligue

Football Le club grenat n’a pas obtenu sa licence pourla saison 2015-2016

Il a jusqu’au 22 mai pour trouverde nouveaux soutiens financiers

Il y a l’aspect sportif d’abord. La belle victoire de dimanche au Stade de Genève, 4-2 contre le Lausanne-Sport, devant plus de 8500 spectateurs aux anges. Puis il y a l’aspect financier. Celui qui fait vite retomber la fièvre du week-end.

Le couperet était attendu. Il est tombé lundi à 13h. Dans un communiqué, la Swiss Football League (SFL) a annoncé que le Servette FC s’est vu refuser l’octroi d’une licence pour la saison 2015-2016. Un refus en première instance, comme en 2012, en 2013 ou en 2014. En l’état, le club grenat ne pourra donc participer l’année prochaine ni au championnat de Challenge League, dans lequel il évolue actuellement, ni à celui de Super League, en cas de promotion.

Au même titre que le FC Le Mont-sur-Lausanne et le FC Chiasso – les deux autres recalés sur un total de 23 équipes – les Grenat ont désormais la possibilité de déposer un recours devant la Ligue dans un délai de cinq jours, soit jusqu’au lundi 4 mai, s’ils entendent évoluer au plus haut niveau la saison prochaine. Dans ce cas, ils auront jusqu’au 22 mai, grand maximum, pour présenter toutes les garanties financières d’un budget 2015-2016 équilibré. «Les clubs doivent alors prouver, à l’aide de contrats par exemple, que leurs frais seront couverts par des rentrées d’argent», explique Philippe Guggisberg, porte-parole de la SFL. Il reviendra ensuite à l’autorité de recours de la Ligue de se prononcer, le 1er juin. Les clubs définitivement recalés redescendront alors en Première ligue promotion, voire pire en cas de faillite.

Dans un communiqué publié hier, le club grenat «accuse réception» de la décision de la SFL. Et précise qu’il travaillera «en étroite collaboration» avec elle au cours des 5 prochains jours de recours pour trouver des solutions qui «permettront de satisfaire aux conditions pour obtenir la licence II pour la Super League». Sans plus de commentaire. Contactés, ni le président Hugh Quennec, ni la personne chargée des relations avec la presse n’ont répondu à nos appels.

Les turbulences que traverse le club grenat ne sont toutefois un secret pour personne: ce qui coince au Servette FC, ce sont les problèmes financiers. Et notamment le fait que les salaires des joueurs n’ont pas tous été payés, précise Bernard Welten, président de la commission des licences de la SFL, instance indépendante chargée de délivrer les précieux sésames.

Le club servettien, justement, a annoncé la semaine dernière avoir payé la moitié des salaires du mois de mars. Soit 200 000 francs environ selon la Tribune de Genève . Mais cela ne suffit pas. D’autant que les charges sociales, elles, n’auraient toujours pas été réglées. Or, les clubs ont jusqu’à la fin du mois – jeudi en l’occurrence – pour présenter à la Ligue la confirmation du paiement des salaires et des charges sociales du mois précédent. Faute de quoi ils s’exposent à l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Et donc à une sanction.

Alors que l’on s’active en coulisses pour tenter de sortir le club de l’ornière financière, Hugh Quennec, qui assure avoir mis 15 millions de francs de sa poche depuis son arrivée à la tête du club en mars 2012, continue également de négocier autour du stade, source de tous les problèmes selon lui. Après avoir obtenu la résiliation du contrat d’exploitation, qui mettait tous les frais d’entretien à la charge du club, il espère désormais se faire rembourser les millions (6 d’après lui) engloutis ces dernières années du côté de la Praille. Sans succès jusqu’ici.

Le Québécois n’a pour l’heure obtenu qu’une seule chose: le droit de jouer gratuitement dans le Stade de Genève jusqu’à la fin de la saison. Tout en espérant que ce ne soit pas la dernière.

«Les clubs doivent prouver, à l’aide de contrats, que leurs frais seront couverts par des rentrées d’argent»