Les joueurs du Servette FC, battus mercredi par le club autrichien de Sturm Graz (2-1) au 3e tour qualificatif pour la Ligue des champions, peuvent nourrir d'amers regrets. Léonard Thurre n'a-t-il pas raté l'occasion d'égaliser en toute fin de rencontre (93e), lorsqu'il s'est présenté tout seul devant le gardien adverse? De sérieuses inquiétudes aussi. Quelques minutes plus tôt (86e), c'est leur poteau qui les a sauvés d'un brutal 3-1, lequel aurait quelque peu douché leurs espoirs de qualification. Par cette défaite limitée, et grâce à ce but marqué à l'extérieur, Servette peut souffler et se préparer pour le match retour, le 25 août aux Charmilles.

Après une première mi-temps ratée, où les Genevois ont trop laissé l'initiative à leur adversaire, ce score laisse Gérard Castella perplexe: «On ne sait pas si c'est un bon résultat. On sait par contre que Sturm est une bonne équipe. Mais pas une grande équipe. Nous avons toutes nos chances de nous qualifier», répond l'entraîneur qui reconnaît que ses joueurs ont commencé le match trop craintifs: «Petit bras et pas assez conquérants». Verra-t-on alors au match retour, une équipe résolument tournée vers l'offensive? «Il faudra tenter quelque chose et enflammer le match. Nous avons des arguments offensifs et pouvons compter sur notre public (n.d.l.r. déjà plus de 4000 des 9000 places vendues). Mais ils seront dangereux: Vastic et Reinmayr peuvent marquer à tout moment. Attention à ne pas se jeter dans la gueule du loup», explique Gérard Castella.

Calme et détendu à l'heure de l'analyse, l'entraîneur s'énerve cependant et hausse même la voix lorsqu'on lui fait remarquer que son équipe stagne: «Il y a deux ans, on jouait à Shaffhouse, l'an dernier à Ekeren, et maintenant à Graz en Ligue des champions!» Un agacement que l'on perçoit également chez Patrick Trotignon. Mais pour d'autres raisons, sonnantes et trébuchantes celles-là. Et sur un autre ton. Le directeur général des «grenat» aimerait que les joueurs «assument leur costume de champions». Très déçu par le spectacle offert par Servette, il ajoute: «Les trois derniers matchs (n.d.l.r. défaites à Aarau et à Graz, match nul face à Bâle) m'ont donné plus de sujets d'inquiétude que de satisfaction.»

L'homme fort du club connaît surtout les enjeux de cette double confrontation: l'accès aux poules de Ligue des champions, synonyme d'une manne de 5,5 millions de francs suisses au minimum: «Il ne faut pas se le cacher: ce match est d'une importance capitale. Un échec serait retentissant! On doit se serrer les coudes.» La tension est patente à Servette. En cas d'échec, des têtes pourraient tomber.