Fort de son succès en Belgique (4-1), il y a quinze jours, Servette s'est qualifié pour le tour principal de la Coupe UEFA, le 15 septembre prochain. Mais ce match retour du deuxième tour préliminaire aux Charmilles, devant quelque 5800 spectateurs, n'a pas été une sinécure. Les Genevois ont même concédé une défaite (2-1) devant une équipe de Germinal Ekeren venue en Suisse sans complexe et qui a mérité son succès. Battu vendredi dernier par Grasshopper (3-0), Servette ne s'est pas réhabilité lors de cette rencontre internationale.

Après quatre ans d'absence, le public genevois retrouvait un match de Coupe d'Europe et s'attendait à revoir l'équipe plaisante du début de championnat. Ce ne fut pas le cas. Encore traumatisés par leur déplacement à Zurich, les hommes de Gérard Castella ont débuté la rencontre la peur au ventre plutôt que la fleur à la boutonnière. Les souhaits de l'entraîneur avant la rencontre – «je veux une réaction par rapport à Grasshopper et je suis sûr que nous disputerons un bon match» – n'ont pas été exaucés.

Repliés en défense, les «grenat» ont laissé l'initiative à leurs adversaires. Qui n'en demandaient pas tant. Après six minutes, un centre de Bartholomeeussen, seul sur le flanc gauche depuis le début de la rencontre, était dévié dans ses propres filets par Jean-Philippe Karlen. Ce but avait le mérite de donner encore un peu plus de confiance aux Belges et de crisper davantage les maîtres de céans. Impitoyable, le public lâchait ses premiers sifflets après dix minutes. Un tir croisé de Vandervee (10e) faisait croire au but, puis une percée de Morhaye (15e) confirmait la domination belge. Une reprise de volée de Schaessens (28e) terminait de peu à côté. Peu avant la mi-temps (42e), un centre de Vandervee était repris de la tête par Karragiannis – au milieu de deux défenseurs – et le ballon terminait sa course au fond des filets d'Eric Pédat.

Et la première mi-temps de Servette? Alexandre Rey héritait d'un ballon sur une mésentente entre un défenseur et le gardien belge, mais n'en faisait pas un bon un usage, tirant à côté (13e). Sur une percée, Patrick Bühlmann voyait son tir contré par un défenseur (28e), alors que Franck Durix (45e), seul devant le portier, centrait où ne se trouvait aucun coéquipier. Trois seules actions à mettre au crédit des Genevois et trois actions qui ont dénoté un manque de concentration. Un défaut que Gérard Castella avait déjà remarqué face à Grasshopper.

Après la pause, Servette n'était plus véritablement en danger, hormis un tir de Herreman (72e), mais n'a pas enthousiasmé ses supporters. Un tir central de Bühlmann au terme d'une action collective (60e) fut le seul à relever côté genevois. L'équipe se contentant de gérer l'acquis du match aller. En fin de rencontre, deux faits à relever. Un premier positif: le but d'Alexandre Rey sur penalty (faute sur Varela). Un second négatif: l'expulsion de Patrick Müller, averti à la 91e et à la 93e minute. Satisfait de la qualification, mais déçu du résultat, Gérard Castella regrettait le début de rencontre: «On a très mal commencé, puis on n'ose plus jouer et on recule.» Mais il pense déjà à l'avenir et au derby face au Lausanne Sports, ce dimanche aux Charmilles. Dans cette perspective, l'équipe se préparera dans le calme d'Ovronnaz. Pour se retrouver et retrouver son jeu.

Servette-Germinal Ekeren 1-2 (0-2), score total 5-3.