«Phonak prépare activement l'audition du 22 novembre prochain devant la Commission des licences. L'équipe, qui est très confiante quant à son inscription pour le prochain UCI Pro-Tour, aura d'ici là apporté toutes les clarifications souhaitées.» Voici en substance ce qu'indique le communiqué officiel de la formation cycliste helvétique, qui vient d'être éjectée en première instance du futur circuit professionnel. Réuni lundi à Stäfa afin de définir une stratégie susceptible de réhabiliter son équipe, l'état-major du groupe zurichois donne l'impression, malgré tout, de ne pas trop s'en faire.

Joint par téléphone, le patron Andy Rihs ne s'est pas montré plus bavard que la veille. Le ton employé est toutefois un peu moins affable: «Je n'ai rien à ajouter pour l'instant. Le sujet est trop sensible.» En effet. Comment plaider sa bonne foi auprès d'une instance chargée de juger – notamment en fonction de critères éthiques – la crédibilité d'une équipe, lorsque l'on vient d'être éclaboussé par trois cas de dopage?

La recette de Phonak repose sur le travail de cinq chercheurs chargés d'invalider, d'un point de vue scientifique, la méthode de détection qui a été fatale à l'Américain Tyler Hamilton et à l'Espagnol Santiago Perez, contrôlés positifs et accusés de transfusion sanguine. Le manager de Phonak, Urs Freuler, a par ailleurs jugé prudent de préciser que la procédure menée contre les deux coureurs n'impliquait pas le staff médical de l'équipe, puisqu'ils sont suivis par des médecins personnels – celui de Hamilton n'est autre que l'Italien Luigi Cecchini, l'homme qui a permis au Danois Bjarne Riis, jusqu'alors inconnu, de remporter le Tour de France en 1996.

Aucun commentaire de l'UCI

L'Union cycliste internationale (UCI) tient quant à elle à ne pas prendre position dans cette affaire: «La Commission des licences (ndlr: composée du juge du Tribunal fédéral Pierre Zappelli, du président de la Commission fédérale des sports suisses Hans Höhener et du docteur en sciences économiques André Hurter) prend ses décisions de façon totalement indépendante, souligne Enrico Carpani, porte-parole de l'UCI. L'exclusion de Phonak ne mérite donc aucun commentaire de notre part, surtout pas avant le 22 novembre, date à laquelle l'équipe pourra argumenter et la commission changer éventuellement d'avis.»

Par ailleurs consciente qu'elle doit revoir les contrats de certains de ses coureurs pour les adapter aux règlements, Phonak dispose donc d'une petite semaine pour sauver sa peau. Car, comme le rappelle opportunément le communiqué de lundi, «la participation au Pro-Tour est une question vitale pour l'avenir de l'équipe». Le verdict final tombera le 2 décembre, date à laquelle l'UCI fera connaître le plateau définitif de son circuit professionnel pour la saison 2005.