Football

Sheffield Wednesday – Hull City, le match le plus cher du monde

Le vainqueur de cet obscur barrage d’accession en Premier League, samedi 18h à Wembley, est assuré de toucher près de 300 millions de francs sur trois ans. Bien plus que le vainqueur de la Ligue des Champions

Ce week-end se dispute le match le plus cher du monde. Un match à 300 millions de francs, ou pas loin. Vous pensez à la finale de la Ligue des Champions? Vous n’y êtes pas. Une victoire dans le «derby» madrilène Real-Atletico, samedi à Milan, ne rapportera que quinze millions d’euros de primes, et seulement cinq de plus qu’une défaite. Même en ajoutant les primes de qualification et la part sur les droits télés, la finale de la Ligue des Champions est un match à 60-80 millions «seulement».

C’est «peanuts» en comparaison du barrage d’accession à la Premier League. Samedi à 18h, les équipes de Hull City et de Sheffield Wednesday vont s’affronter à Wembley pour une place dans le championnat le plus lucratif de la planète foot. Pour le vainqueur, c’est le jackpot. «Avec les nouveaux droits télés négociés par la Premier League et qui entrent en vigueur la saison prochaine, celui qui montera est assuré de toucher 120 millions de francs. Même s’il est immédiatement relégué, il percevra encore un «parachute» de 50 millions par an pendant deux saisons, détaille le consultant football du Temps Stéphane Henchoz. Les Anglais ont coutume de dire que cette finale de playoffs est le match le plus cher de la saison mais cette année, on bat tous les records.»

Selon Richard Battle, du cabinet spécialisé Deloitte, «c’est même une bataille à 370 millions d’euros si le club promu se maintient au moins une saison en Premier League.» Premier et deuxième de Championship, Burnley et Middlesbrough ont été promus directement. Reste un ticket, qui se jouera à Wembley, point final d’une campagne qui a vu Sheffield Wednesday éliminer Brighton et Hull City sortir Derby County. Le match le plus cher du monde est donc un barrage entre le quatrième et le sixième de la deuxième division anglaise. Un match sans aucune star (le nom le plus connu sur la feuille de match est celui de l’entraîneur de Hull City, l’ancien défenseur central de Manchester United Steve Bruce) et avec un Suisse (sur le banc de Hull), l’ancien gardien de Thoune Eldin Jakupovic.

«Le match de la peur»

Une moitié de stade sera en bleu et blanc, l’autre orange et noir, mais ce sera le seul point commun avec une finale de Cup. «Il y a énormément de tension et les équipes peinent à jouer libérées parce qu’il y a beaucoup plus à perdre qu’à gagner. C’est vraiment le match de la peur», explique le Genevois Alexandre Geijo, qui a joué (et perdu 1-0 à la 118e minute) une finale de playoffs à Wembley avec Watford contre Crystal Palace en 2013. «C’était avant que le montant des droits télés du foot anglais n’explose mais les médias en parlaient déjà comme le match le plus cher de l’année», ajoute Alexandre Geijo, en fin de contrat à Brescia.

Mais en 2013, le match le plus cher de l’année avait été précédé par le match le plus fou de l’année. En demi-finale, Alex Geijo et Watford mènent 2-1 contre Leicester lorsque les Blues (avec Jamie Vardy sur le banc) obtiennent un penalty décisif à la 96e minute. Le jeune Français Anthony Knockaert le tire mais Manuel Almunia, le gardien de Watford, l’arrête. Sur la contre-attaque, Wes Morgan rate son tacle, Kasper Schmeichel sa sortie et Troy Deeney marque le but improbable qui qualifie Watford. Leicester montera l’année suivante, avant d’être sacré champion d’Angleterre en 2016.

Sans Anthony Knockaert qui a quitté le club des Midlands en début de saison pour retrouver (via un court crochet par la Belgique), le Championship avec Brighton & Hove Albion. Après avoir raté la promotion directe à la différence de buts (+32 pour Middlesbrough, +30 pour les Seagulls), le mieux classé des six qualifiés s’est fait sortir. Pour lui aussi, l’addition des playoffs de Championship est lourde. Très lourde.

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