Il glisse silencieusement sur les eaux bleues de la Méditerranée. Son aile se courbe et s’incline au gré du vent et des changements de cap. Impressionnant de puissance et de technologie, le trimaran d’Oracle se couche pour ne glisser plus que sur une coque. Tout droit vers le large. A bord d’une vedette, un ingénieur du défi américain distille prudemment quelques informations aux journalistes.

En ce jeudi 21 janvier, Oracle n’effectue que sa deuxième sortie à Valence. Même dans ce petit vent qui ne lui convient guère, sa vitesse est impressionnante. «Il glisse à 29 nœuds», annonce le conducteur de la vedette américaine alors qu’il n’y a que six nœuds de vent. Miracle de la technologie qui permet à ce monstre de métal de filer près de cinq fois plus vite que la brise. Autour du multicoque, quatre ou cinq bateaux suiveurs analysent tous ses faits et gestes. Parfois un des ULM ou des bateaux d’Alinghi apparaît pour épier son concurrent.

Un peu plus tard, la vedette du défi américain propose d’aller voir Alinghi qui évolue plusieurs kilomètres plus loin. Le bateau nécessite davantage de membres d’équipage. Contrairement au trimaran américain sur lequel les navigateurs ne semblaient même pas travailler, les hommes en blanc s’agitent en changeant la voilure. On distingue Brad Butterworth qui coordonne l’équipe. Là, ce sont les vedettes d’Oracle qui jouent les espions. Observation mutuelle de bonne guerre, les équipes s’interpellent en rigolant. Le ton est moins agressif que sur les communiqués de presse. Plus petit, le catamaran dégage une impression de légèreté, différente de la puissance de l’aile américaine.

La vedette abandonne Alinghi alors qu’il s’apprête à hisser la grande voile. Le conducteur a faim. Les photographes râlent un peu en voyant le bateau hisser ses apparats au loin. Ils reviendront demain, si le temps le permet.