S es concurrents pourront toujours dire que c’est la faute du vent… Mais qu’importe le support: Simon Ammann a remporté, samedi à Garmisch-Partenkirchen, sa dix-huitième victoire en Coupe du monde. Et ce succès, fêté sur une seule manche certes, perturbée par les rafales de surcroît, permet au Saint-Gallois de reprendre espoir dans sa quête ultime; celle qui consisterait à coiffer, enfin, la couronne du vainqueur de la Tournée des Quatre Tremplins.

Le quadruple champion olympique, un peu ébranlé par ses mauvaises performances en fin d’année à Engelberg, puis quatrième seulement du premier concours de la Tournée, avait quitté Oberstdorf le cœur étonnamment léger: «J’ai toujours le feu en moi et je le prouverai», s’était-il écrié malgré la déception chiffrée. «J’ai maintenant l’avantage d’être dans le rôle du challenger et j’emporterai avec moi ce super-sentiment.»

En un bond, et tandis qu’il reste deux étapes à survoler – aujour­d’hui à Innsbruck et jeudi à Bischofshofen –, Simon Ammann a donc refait plus de la moitié de son retard sur l’Autrichien Thomas Morgenstern. Ce dernier demeure l’incontestable favori, mais l’oiseau du Toggenburg, dont la maîtrise nerveuse semble être le premier atout, n’a pas dit son dernier mot.

«Je gagnerai cette Tournée des Quatre Tremplins», avait-il clamé avant de s’élancer pour sa treizième participation, au risque d’endosser une pression supplémentaire. A 29 ans, le bonhomme sait gérer ce genre de paramètres. En dépit d’une préparation estivale assombrie par un tassement de vertèbres, malgré les doutes qui ont émaillé son automne, il paraît en mesure de décrocher son rêve.

Simon Ammann a laissé beaucoup d’influx et d’énergie dans les innombrables sollicitations qui ont suivi son double sacre à Vancouver, jusqu’à son élection en tant que sportif suisse de l’année voici trois semaines. «Je trouve ça très bien en soi, et cela le fait avancer en tant que personne, mais cela ne va pas toujours ensemble avec la planification idéale des entraînements», s’était inquiété, dans la SonntagsZeitung, Berni Schödler, son ancien mentor devenu chef de la discipline chez Swiss Ski.

Bref. Les raisons étaient nombreuses, il y a trois jours encore, de penser que Simon Ammann ne décrocherait pas la timbale cette année – ni jamais? Quelques bourrasques plus tard, tout est redevenu possible.