Simon Ammann n’a pas d’adversaire à sa mesure lors de ces épreuves olympiques de Whistler. Malgré son statut de favori et malgré la pression mise par les Autrichiens, le Saint-Gallois a écrasé l’adversité lors du concours au grand tremplin, une semaine après avoir fait de même sur le petit. «Simi» a ainsi gagné sa quatrième médaille d’or olympique et devance dans l’histoire du saut à skis Matti Nykänen et dans les annales suisses Vreni Schneider.

Sans sourciller, Simon Ammann a vu sur l’écran géant qu’il était champion olympique pour la quatrième fois, la deuxième en une semaine. Une explosion de joie aurait été vue comme de l’arrogance pour un bonhomme qui domine si outrageusement sa discipline comme il le fait à l’heure actuelle.

Auteur des meilleurs sauts dans les deux manches (144 et 138 mètres), le planeur du Toggenburg a atomisé la concurrence pour terminer avec plus de 14 points d’avance sur Adam Malysz et plus de 20 sur Gregor Schlierenzauer. Cette avance abyssale sur le Polonais aurait été encore plus gigantesque si Simon Ammann n’avait pas réalisé une faute lors de la première réception. Un détail insignifiant au moment de faire les comptes après les deux envolées quasiment lyriques du Saint-Gallois.

Dans la cour des grands

Double médaillé d’or à Salt-Lake City et à Vancouver, Simon Ammann rejoint la crème de la crème dans les livres d’histoire. Avec quatre breloques dorées, il rejoint notamment les skieurs Janica Kostelic (Cro) et Kjetil Andre Aamodt (No), le fondeur Gunde Svan (Su) ou encore le patineur de vitesse Johann Olav Koss (No). Il lui manque toutefois encore quatre titres olympiques pour arriver à la hauteur de l’intouchable Björn Daehlie (No).

Dans sa spécialité, Simon Ammann est désormais le plus grand sauteur de l’histoire des Jeux olympiques. S’il possède autant de médailles d’or que Matti Nykänen, le Suisse les a toutes glanées à titre individuel, au contraire du mythique finlandais qui en possède une lors du concours par équipes. N’ayant pas exclu de poursuivre sa carrière jusqu’à Sotchi en 2014, Simon Ammann n’a peut-être pas terminé d’écrire l’histoire.

Une chose est sûre, la marge que possède Simon Ammann sur ses adversaires les pousse vers la médiocrité. Pour ne prendre aucun risque avec l’extraterrestre saint-gallois, le jury a été contraint d’abaisser au maximum l’élan en faisant partir les sauteurs de la plate-forme 12, contre 15 voire même 16 lors des sauts d’essai.

Lors de l’entraînement matinal, «Simi» est parti de la barre 13, soit deux crans inférieurs aux autres cadors. Résultat des courses, il s’est tout de même posé cinq mètres plus loin que Schlierenzauer malgré une vitesse à la table inférieure de 2 km/h. Il mettait ainsi les officiels dans l’embarras. Ces derniers n’avaient pas d’autre choix que de rendre le concours bien moins spectaculaire avec des distances moindres pour les viennent-ensuites.

Malysz termine bien

Outre Simon Ammann, Adam Malysz est l’autre grand gagnant de ces Jeux oylmpiques. Le moustachu de Wilsa a glané une nouvelle médaille olympique, la quatrième de sa carrière. Deuxième lors du concours au petit tremplin, le Polonais a réédité son exploit sur le grand. Derrière le Polonais, Gregor Schlierenzauer a complété le podium pour un résultat finalement identique à celui de l’épreuve de samedi passé.

Pour Andreas Küttel, ce deuxième concours s’est légèrement mieux passé que celui de la semaine passée. Cette fois-ci qualifié pour la deuxième manche, le champion du monde en titre s’est finalement classé à la 24e place. Pour sa part, Janne Ahonen, visiblement très déçu après son premier saut, n’a pas souhaité prendre part à la deuxième manche, se préservant sans doute pour le concours par équipes de lundi.