Simon Ammann est devenu le sportif suisse le plus titré des Jeux olympiques en glanant samedi sa quatrième médaille d’or lors de l’épreuve au grand tremplin. Au terme d’une semaine mouvementée, le Saint-Gallois a eu les nerfs très solides pour s’imposer au nez et «à la moustache» d’Adam Malysz (Pol), à nouveau deuxième.

S’il n’a pas laissé paraître une émotion démesurée juste après sa victoire, le Toggenbourgeois a ensuite pris peu à peu la mesure de ce qu’il venait d’accomplir. Toujours aussi simple et disponible, le quadruple médaillé d’or a pris le temps de revenir sur son exploit devant un parterre de journalistes.

- Comment vous sentez-vous après cette quatrième médaille d’or ?

Simon Ammann: Pour être honnête, j’ai vraiment du mal à réaliser ce qui m’arrive. Tout s’est déroulé à merveille sur ces installations de Whistler. Je n’ai pas eu besoin de me casser la tête ou de trop réfléchir. J’étais très sûr de moi et de mes capacités.

- Comment s’est passé votre dernier saut ?

- Dans un premier temps, je voulais regarder Adam Malysz sauter juste avant moi. Mais finalement, j’ai pensé que cela aurait pu me rendre nerveux alors je ne l’ai pas fait. J’étais conscient que l’avance acquise lors du premier saut était suffisante pour être sur le podium, mais j’étais tellement excité à l’idée de gagner une quatrième médaille d’or.

- Au pays, on peut désormais dire que vous êtes l’égal d’un Roger Federer...

- (Rires) Pas tout à fait. Lui a fait preuve d’une telle constance tout au long de ces années que je ne voudrais pas me comparer à lui. Roger Federer est plutôt un Janne Ahonen ou un Adam Malysz. Toujours présent dans les premières places malgré le temps qui passe. Je suis plus un compétiteur d’un jour et, en ce sens, je ne me comparerais pas à lui.

- Comment avez-vous vécu toute cette polémique des Autrichiens sur vos fixations ?

- Je sais bien que ce n’était pas contre moi, mais lorsque l’on affirme qu’un si petit détail peut rendre un saut bien meilleur, il faut faire attention. En disant cela, ils n’ont fait qu’accroître ma motivation et, surtout, ma confiance en moi. Finalement, toutes ces histoires m’ont rendu plus fort. C’était un double avantage pour moi.

- Après vos deux titres de 2002, vous avez disparu de la circulation avec, ensuite, des Jeux olympiques 2006 ratés. Que s’est-il passé ?

- Juste après mes deux succès, il y a eu de nombreuses modifications au niveau du matériel et du réglement. Comme je suis quelqu’un qui met du temps à s’adapter, tout n’a pas été facile durant les années suivantes. J’ai d’abord besoin d’apprendre les choses et de les faire à ma façon par la suite. Une fois que j’y suis parvenu, tout roule et c’est peut-être pour ça que je suis à ce niveau aujourd’hui.