En astrologie, on appelle ça l’alignement des planètes, mais les Valaisans sont plus portés sur les étoiles. Ils en comptent treize sur le drapeau cantonal et en imaginent une treizième, comme autant de victoires en coupe de Suisse, au palmarès de leur cher FC Sion. L’année du bicentenaire de l’entrée du Valais dans la Confédération, cinquante ans tout juste après la première épopée victorieuse, tu vois comment?

Christian Constantin en est persuadé: 2015 sera une année à coupe. Il faudra pour cela battre le 7 juin au Parc Saint-Jacques le vainqueur de la seconde demi-finale (ce mercredi 20h15) entre Saint-Gall et le FC Bâle. Le président sédunois a déjà réussi la première partie de son pari, à savoir qualifier son équipe pour la finale. Certes, c’est techniquement l’entraîneur Didier Tholot qui s’est chargé de conduire l’équipe à la victoire mardi soir à Zurich (0-1, but de Konaté à la 48e minute). Mais le boss de Tourbillon a aussi son petit mérite tant il a mis d’ardeur et de cœur ces trois dernières semaines à motiver ses joueurs. «Avec une prime spéciale?», lui demanda Christophe Cerf de la RTS avant la demi-finale. Pour la première fois de sa vie, l’architecte de Martigny parut dégoûté par l’argent. «Tu crois que Napoléon arrivait à convaincre des Bretons d’aller se battre en Russie juste en doublant la solde?», répliqua, magistral, le Hannibal du Vieux-Pays.

Pour gagner, Sion n’eut pas à forcer son talent. Juste à contenir un FC Zurich certes tenant du titre mais qui ne tient plus grand-chose en cette fin de saison. Un bon premier quart d’heure valaisan aurait pu déjà plier l’affaire. Salatic (3e), Fernandes (8e), puis Konaté un peu plus tard (30e) manquèrent d’un peu de spontanéité. Le Sénégalais, buteur providentiel du FC Sion, fut beaucoup plus prompt à la reprise. Sur un corner cafouillé, il pivotait sur lui-même pour marquer de près (48e 0-1). Le plus dur était fait. Sion se regroupa progressivement devant sa cage. Ce fut suffisant pour contenir des Zurichois sans venin. Le gardien Vanins, dans son drôle de maillot de pongiste suédois, dut juste être attentif sur une frappe trop cadrée de Kajevic (70e) et sortir au-devant d’Etoundi (73e). Au coup de sifflet final, mission accomplie, Christian Constantin avait déjà basculé dans la préparation de la finale. «Il y a bien une fois où ça se passera mal. On espère que ce ne sera pas celle-ci.»