Pour avoir négligé ses fondamentaux, ce jeu au sol fait de passes courtes et rapides, le FC Sion a concédé une défaite logique (3-1), hier soir, face à Servette, en son antre de Tourbillon. Festival de passes manquées, de mauvais contrôles, d'imprécisions, de balles offertes à l'adversaire, d'hésitations. Absence quasi permanente de démarquage, maladresse chronique devant le but. Ou encore manque total d'imagination: le club valaisan n'a été que l'ombre de lui-même. Il se mordra sans doute longtemps les doigts d'avoir raté une occasion tout à fait intéressante de prendre la tête du championnat national. Les Sédunois avaient-ils déjà la tête à Berne où se jouera ce mercredi leur sort dans l'affaire de la licence du club (lire ci-contre)? Toujours est-il qu'ils sont passés à côté du sujet.

«Un piètre match, résume l'entraîneur valaisan Laurent Roussey. Cela fait dix jours que l'on me parle de ce derby. Or, avant l'heure, c'est pas l'heure et après l'heure, c'est plus l'heure.» Il poursuit: «Nous avons réalisé un naufrage collectif, mais je dois dire que Servette à superbement joué le coup. Mes joueurs, eux, ont renoncé. Ils ont oublié ce qui fait traditionnellement leur force: la combativité. Bien sûr, il nous manquait notre attaquant brésilien Moreira, mais ce n'est pas une excuse. Je suis dépité. J'ajoute qu'il y avait trop de managers de clubs français dans les gradins et que certains de mes joueurs se sont vus plus gros qu'ils ne sont en réalité.»

Travail d'équipe

A côté de Laurent Roussey, l'entraîneur servettien Lucien Favre, fidèle à ses habitudes, ne fanfaronne pas. «Nous avons entamé la partie de manière hésitante tout en tenant le choc dans le quart d'heure initial. Puis nous avons marqué et l'équipe a pris confiance jusqu'à l'égalisation sédunoise. A la suite de cela, nous sommes parvenus à reprendre rapidement le dessus, mes joueurs gardant la tête froide. Je suis content de l'excellent travail d'équipe.»

Servette ouvre la marque à la 22e minute de jeu, suite à un cafouillage de la défense valaisanne. Ce dont profite Alexander Frei qui tire entre les jambes du gardien Fabrice Borer. Les Sédunois reviennent à la parité à la 58e minute, Armand Deumi reprenant victorieusement un centre de Piero Costantino. Mais deux minutes plus tard, Servette s'envole à nouveau grâce à une reprise de volée de Johann Lonfat sur un coup-franc servettien joué sur la ligne de fond. La troisième réussite genevoise, la plus somptueuse de la soirée, est signée Wilson Oruma qui lobe magistralement un Fabrice Borer avancé pour dégager de la tête une balle dangereuse.

La défaite concédée hier soir n'enlève rien à l'excellent début de saison réalisé par les Valaisans qui pointent désormais à la 4e place du classement. Pour expliquer cette bonne entame de championnat, Laurent Roussey met en avant le travail d'équipe. «L'important n'est pas d'avoir un gros budget ou des stars, dit-il, mais bien plutôt de pouvoir s'appuyer sur un collectif soudé, capable de faire preuve en permanence d'un bon esprit. Malheureusement, c'est ce qui nous a complètement manqué ce soir.» «Notre classement actuel doit nous pousser à aller de l'avant, enchaîne Blaise Piffaretti, le capitaine du FC Sion, plus de 500 matches en Ligue nationale. Pour cela, il nous faudra retrouver notre lucidité. Une qualification pour le tour final est encore lointaine. Ne plaçons pas la charrue avant les bœufs. Il faut prendre un match après l'autre.»

Autre pilier de l'équipe, le gardien Fabrice Borer se dit «surpris et heureux» du bon classement actuel du FC Sion. Il tient pourtant à relativiser les choses: «Nous ne devons pas perdre de vue que, si nous avons effectivement accroché de grosses équipes cette saison (Bâle, Lugano, GC), nous n'en avons pas moins éprouvé des difficultés contre des concurrents directs.» Il ajoute: «Nous avons aussi eu beaucoup de chance en récupérant quatre points dans les arrêts de jeu (ndlr: buts victorieux contre Lugano, 1-0 et face à Grasshoppers, 2-1).» Reste maintenant aux Sédunois à retrouver ces fondamentaux que de sobres Servettiens, au demeurant intraitables en milieu de terrain et en défense, les ont empêchés de développer. «Nous avons gagné, conclut Lucien Favre, mais nous restons tout de même derrière Sion au classement.»