Football

Sion prône la patience et rêve d’alternance

Reprise ce week-end en Suisse des championnats professionnels. Seul club romand de Super League, le FC Sion débute samedi à Lucerne et rêve de tutoyer Bâle

Sion prône la patience et rêve d’alternance

Football Reprise ce week-end en Suisse des championnats professionnels

Seul club romand de Super League, le FC Sion débute samedià Lucerne et rêvede tutoyer Bâle

La Coupe de Suisse est là qui trône sur les hauteurs de Sion. Le trophée Aurèle Sandoz est le trait d’union entre la saison 2014-2015 qui s’est achevée le 7 mai à Bâle par la victoire du FC Sion sur le FC Bâle (3-0) en finale de la Coupe de Suisse, et la saison 2015-2016 qui reprend ce week-end, à peine six semaines plus tard. Seule équipe romande de Super League depuis les faillites successives de Servette, Lausanne et Neuchâtel Xamax, Sion débute samedi à Lucerne.

A deux jours de l’événement, Christian Constantin et Didier Tholot rencontraient la presse au Clos du château, à Champlan. L’occasion de dévoiler les nouveaux maillots pour la saison prochaine ainsi que le nom d’un nouveau sponsor. Les deux partenaires principaux se partageront équitablement les poitrails sédunois: une mi-temps chacun. Lequel maillot, réalisé dans une matière révolutionnaire laissant glisser sans l’absorber le contenu d’un demi-verre d’eau, sera orné pour les matches de Coupes (Coupe de Suisse et Europa League) d’une guirlande de treize étoiles.

C’est en championnat toutefois que le FC Sion aimerait briller désormais. Equipe de Coupe, c’est-à-dire capable de se mobiliser ponctuellement pour des échéances particulières, Sion peine à faire preuve de régularité, qualité première exigée d’un candidat au titre. «Sept Coupes en treize ans de présidence, moi j’appelle ça être régulier», rétorque Christian Constantin. Il n’empêche: après avoir beaucoup tiré sur la corde du symbolisme (la treizième victoire, comme autant d’étoiles sur le drapeau valaisan, l’année des 150 ans du canton), l’architecte de Martigny rêve d’accrocher un jour un troisième titre national, après ceux de 1992 et 1997.

Le problème jusqu’ici a souvent été l’instabilité chronique et le manque de patience du président. Depuis son retour aux commandes du club en 2003, Christian Constantin a changé 36 fois d’avis. Littéralement. Si Bâle a gagné les six derniers titres avec quatre entraîneurs différents, Christian Gross ne remporta son premier titre qu’à sa troisième saison. En Valais, un seul entraîneur a réussi à faire une saison complète sur le banc avec Christian Constantin: Didier Tholot en 2003.

Le Français, revenu une première fois en 2009 puis cet hiver, jouit désormais de davantage de considération de la part de son président. Christian Constantin le reconnaît, et le justifie dans son style bien à lui. «Avant, Didier Tholot était un peu un entraîneur-copain proche des joueurs, un entraîneur en train de grandir. Ce printemps, il a montré qu’il était devenu un grand entraîneur.»

A ses côtés, le Français écoute sans se formaliser. L’homme est un pragmatique; l’entraîneur également. «Je n’ai pas de système de jeu prédéfini que mes joueurs doivent appliquer. C’est à moi de mettre en place la formule qui utilise au mieux leurs capacités. Et à eux d’être polyvalents et intelligents pour s’adapter. Dans le foot moderne, il faut pouvoir changer deux à trois fois de système de jeu durant le même match.»

Lui aussi aimerait que Sion fasse preuve de davantage de régularité. «Etre régulier, cela veut dire être capable de gagner quand on est moins bon, rester solide, savoir profiter de la moindre opportunité.» L’entraîneur et le président sont d’accord sur un point: ce début de championnat n’est en fait que le prolongement de la fin de la saison dernière. En bonne logique, le football suisse devrait se dérouler de mars à novembre. Puisque ce n’est pas le cas, Tholot et Constantin ont préparé cet hiver l’équipe qui est aujourd’hui présentée comme un rival sérieux (avec Young Boys) du favori bâlois.

Les Valaisans, directement qualifiés pour la phase de poules de l’Europa League en septembre, n’auront pas de matches qualificatifs à jouer en août, au contraire de leurs rivaux nationaux. Ils espèrent en profiter pour bien négocier le premier quart de la saison et, pourquoi pas, prendre un peu d’avance au classement. Et surtout ne pas céder du terrain trop rapidement. «Sinon, on se retrouve comme les deux saisons précédentes à revivre la fable du lièvre et de la tortue», image Christian Constantin. La préparation physique a vraisemblablement été pensée pour prévoir un premier pic de forme très tôt.

Les gros transferts ont été réalisés cet hiver, avec les arrivées de Reto Ziegler et Veroljub Salatic. Cet été, le club s’est efforcé de les conserver et de retarder le plus possible les départs inévitables de ses deux talents les plus prometteurs, Edmilson Fernandes et Moussa Konaté. «Ils partiront quand ils seront aptes à s’imposer dans les plus grands clubs», prévient Christian Constantin.

L’effectif, que Didier Tholot a souhaité plus «qualitatif» que «quantitatif» pourrait bien encore s’étoffer d’un ou deux noms. Sans doute pas ceux de Didier Drogba ou Blerim Dzemaili, lancés en l’air pour créer le buzz et faire passer un message aux agents («nous recherchons un buteur et un milieu de terrain»). Christian Constantin n’est pas pressé. «Le meilleur coup de la saison passée, la signature de Konaté, s’était finalisé le 31 août.» Pour flairer la bonne affaire, Christian Constantin sait se montrer patient.

En Coupe, Sion jouera avec un maillot orné de treize étoiles. Mais c’est en championnat qu’il rêve de briller

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