La Commission d’éthique de la Fédération internationale de football (FIFA) a pris la décision hier, au bout de «trois jours intenses de travail», de sanctionner les six fonctionnaires. Président de l’organe, l’avocat tessinois a en revanche indiqué que la commission n’avait pas trouvé de «preuves suffisantes» pour conclure à quelconque forme de collusion entre les différents pays candidats à l’organisation des Coupes du monde 2018 et 2022.

La FIFA se devait d’agir vite – le vote aura lieu le 2 décembre – et, en apparence, tout est bien qui finit presque bien. «Ces décisions étaient difficiles à prendre, mais nous devions le faire», commente Claudio Sulser. «Notre rôle est de protéger l’image et l’intégrité du football, de lutter contre toutes les pratiques contraires à l’éthique.» Jérôme Valcke, secrétaire général de l’instance, lui aussi présent lors de la conférence de presse de jeudi matin à Zurich, appuie: «Le fait que la commission ait réagi si vite, en moins d’un mois, montre à quel point il importe à la FIFA que tout se déroule dans les règles.»

Des règles qui lui sont propres. «Je suis un citoyen suisse, je ne l’ai pas choisi et je dois accepter les lois de ce pays», s’excuse presque Claudio Sulser. «Quand j’ai poussé les portes de la FIFA [en mars dernier], j’ai aussi dû me plier à son règlement, à commencer par le Code éthique.» L’ancien buteur des Grasshoppers, qui n’ignore pas le précepte selon lequel la meilleure défense c’est l’attaque, termina ainsi sa déclaration: «Je n’ai pas de mandat pour juger les méthodes du Sunday Times, mais je ne peux accepter qu’on déforme ainsi les faits. J’ai énormément de respect pour le journalisme, mais il faut dire la vérité, ne pas verser dans le sensationnalisme pour vendre plus de journaux.»

Affaire close? Pas tout à fait, ne serait-ce que parce que les six sanctionnés auront dix jours pour faire appel, à compter du moment, imminent, où ils recevront les motivations de la commission. «Même si je suis très satisfaite que mon client ait été lavé de tout soupçon de corruption, soyez absolument persuadé que nous ferons recours contre cette décision très curieuse et un peu incompréhensible», déclare Géraldine Lesieur, avocate parisienne de Reynald Temarii. «La seule chose dont on l’accuse a trait à son devoir de réserve et de confidentialité. Or, la peine est sans commune mesure avec l’infraction. J’ai l’impression que le contexte actuel, avec le vote du 2 décembre, a tout amplifié. On avait peut-être besoin d’un bouc émissaire.»

Reste la question essentielle. Malgré les suspensions des deux membres du Comité exécutif Reynald Temarii et Amos Adamu, comment être totalement sûr, dans les conditions actuelles, de la probité des 22 votants et de la régularité de l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022? «Avez-vous des informations sur d’autres membres? Nous pas», rétorque Jérôme Valcke. «Rien ne nous laisse penser que d’autres membres puissent être mêlés à quelque affaire de corruption ou autre chose de ce genre.»