Roger Federer - Tennis - En lice: dès le 10 août.

L'esthète millionnaire envisage les Jeux avec des jubilations de novice, certes entâchées de fébrilité. «Les JO représentent beaucoup pour moi. A Sydney, j'ai vécu l'aventure humaine la plus extraordinaire de ma vie. A Athènes, la magie était restée intacte. J'ai eu la chance de porter le drapeau à la cérémonie d'ouverture et je n'échangerais ce moment contre rien au monde.» Sa fascination pour le sport, ses héros et ses oeuvres immortelles, l'éveillent aux vertus incantatoires du graal olympique. L'or est «un rêve d'enfant». Mais l'opportunité est rare, l'attente d'autant plus pesante, et le moment, peut-être, mal choisi.

Fabian Cancellara - Cyclisme - En lice: les 9 et 13 août.

Ils l'appellent «Spartacus». Tout un poème. Fils de fermier qui, à 13 ans, abandonne le football pour ne pas confiner sa verve «aux limites d'un rectangle». Appels de la nature, émoi pastoral, juché sur la draisienne du voisin. Rencontre avec la performance, parcours balisé, sous l'égide de Bjarne Riis. Chargé de promesses, «Spartacus» s'est réalisé à toute vitesse, sans toujours distancer les bruits qui courent mais qui, s'ils vont vite, ne le rattrapent pas pour autaut. Le roi du contre-la-montre n'a peur de rien, à commencer par les déclarations d'intention. «Je veux l'or», rugit-il, coeur de lion dans un physique de gladiateur.

Christoph Sauser - VTT - En lice: 23 août.

La Suisse recense huit professionnels du VTT, dont trois sont montés sur le podium, en bloc, aux derniers championnats du monde. A leur tête: le plus précurseur d'entre tous, figure néo-libérale d'une discipline toujours plus prisée, toujours mieux vendue, dans les étals de la souffrance exaltante. A 32 ans, Christoph Sauser s'entraîne «dans son coin», «en individualiste incurable», hors du giron fédéral. Ses revenus suivent la courbe de ses performances. A Athènes, une chute, puis un bris de chaîne, l'avaient privé de médaille. A Pékin, Christoph Sauser aura sa chance. Une belle, une grande. La dernière.

Viktor Röthlin - Marathon - En lice: 24 août.

Il a suffi d'un temps éblouissant (2 h 07'23) sous le smog de Tokyo, pour que le verbe fleurisse à nouveau. Car Viktor Röthlin ne manque pas d'air: «Notre discipline est largement dominée par les Kenyans, mais ces athlètes ne sont pas habitués à la pollution. Pour moi, Pékin représentera une chance unique. Les conditions climatiques seront semblables à celles de Tokyo, avec le smog et un taux d'humidité très élevé.» Ses hivers dans le creuset kényan, non loin des huttes en flamme et des civils massacrés, l'ont rappelé à sa condition de faux dur. Pour la chronique, Viktor est «l'Africain blanc». Une forme d'adoubement.

Sven Riederer - Triathlon - En lice: 19 août.

Sans rire (ou presque), sa maxime est: «Le corps est un démon, il doit être châtié.» Cette silhouette suppliciée est fendillée de fines nervures, comme les stigmates de l'effort inlassable. Sven Riederer, masochiste heureux, médaillé de bronze à Athènes, est le symbole d'une nouvelle génération de spécialistes, convertie au triathlon non plus par opportunisme, ou par exotisme, mais au gré d'une vocation éprouvée. Quatre Suisses et Suissesses peuvent revendiquer une médaille à Pékin. Davantage que quiconque, Sven Riederer n'est ni un nageur écoeuré, ni un coureur raté, ni un cycliste inadapté. Il est un triathlète inné.

Bruno Risi - Cyclisme - En lice: 19 août

Le pistard aura mis quinze ans à atteindre son seul objectif, un podium olympique. Quinze années la tête dans le guidon, les jambes tremblotantes; quinze années d'une carrière exceptionnelle, vautré sur un trésor de guerre inestimable, avant de vaincre sa nervosité. Vice-champion olympique à Athènes au seuil de ses 35 ans, Bruno Risi, associé au jeune Franco Marvulli, revient sur la piste du madison, une sarabande endiablée pour cyclistes intrépides, «le petit-fils dévergondé d'une paisible danse des sixties», selon la définition d'un célèbre coach australien; en gros, une affaire de quadras.