Champion du monde juniors de super-G en 1996, Didier Défago n'avait jamais obtenu mieux qu'un 15e rang en Coupe du monde avant cet hiver. Un résultat décroché lors d'un géant disputé à Kvitfjell (No). Cette saison, le Valaisan se rapproche des meilleurs: 11e en super-G à Lake Louise (Can), 13e du géant de Saalbach (Aut) et enfin 7e du super-G de Kitzbühel, le week-end passé.

A 22 ans, le skieur de Morgins semble sur le bon chemin. «Il était temps», diront certains. Sa première apparition en Coupe du monde remonte à la saison 1995-1996. «Didier progresse à son rythme, constate Louis Monney, l'un des entraîneurs du Valaisan. C'est un coureur d'avenir. Mais il ne doit pas trop traîner en route.» Le dessinateur en bâtiments partage cette analyse: «Si je regarde ma position dans l'équipe de Suisse, je me dis que je suis dans le coup. Au plan mondial, j'ai conscience qu'il faut que j'avance. Et le plus vite possible. Il est relativement facile de se glisser parmi les meilleurs. Par contre, il est difficile d'y rester.»

Le Temps: Vous semblez progresser par paliers…

Didier Défago: C'est ma façon de faire. J'ai passé progressivement des 30 aux 20 meilleurs mondiaux. Je suis maintenant dans les 15 premiers. Mon prochain objectif est d'arriver dans les dix.

– Quelles sont vos qualités et vos défauts?

– En super-G, tout va plutôt bien. En géant, j'ai souvent eu de la peine à passer deux manches. Je voulais sans doute trop bien faire. Aujourd'hui, je skie plus décontracté, mais je suis encore trop réservé sur certains passages.

– Spécialiste du géant et de super-G, vous vous êtes mis à la descente à Kitzbühel. Pourquoi cette soudaine polyvalence?

– (Il rit.) Pour être prêt quand Hermann Maier ne sera plus là…. Plus sérieusement, mes entraîneurs et moi pensons qu'il faut être polyvalent pour espérer être régulièrement parmi les meilleurs. Cela dit, mes priorités restent le super-G et le géant. Si je suis performant dans ces deux disciplines, la descente viendra plus facilement. Le slalom aussi.

– Quels sont vos objectifs cette saison?

– Etre chaque fois parmi les 15 premiers en super-G et terminer une ou deux fois dans les 10 premiers. En géant, je vise un classement régulier parmi les 15 premiers.

– Quel regard portez-vous sur votre carrière?

– Mes rêves se réalisent les uns après les autres, au prix d'un gros travail. A l'époque, je disais à mes copains: «Un jour, je skierai sur la Streif de Kitzbühel.» C'est fait. Je voulais aller aux Etats-Unis. J'y suis allé grâce à mon sport. Je rêvais de faire la Coupe du monde de ski alpin. J'y suis arrivé. Maintenant, je rêve de gagner une course.