Bilan

En ski alpin, le miroir déformant des Mondiaux

Alors que la saison se termine cette semaine en Andorre, le bilan de l’équipe de Suisse en Coupe du monde contraste énormément avec les résultats obtenus au mois de février à Are

En Andorre s’endort le ski alpin. Avant une longue pause estivale de près de huit mois, les finales de la Coupe du monde débutent ce mercredi à Soldeu, dans les Pyrénées, avec les descentes féminine et masculine. Les grands globes de cristal d’ores et déjà sécurisés par Mikaela Shiffrin et Marcel Hirscher, les enjeux de la semaine ne sont pas pour autant inexistants. Pour l’équipe de Suisse, il ne manque par exemple pas grand-chose pour réussir un meilleur hiver que le précédent.

Avant les dernières courses, les skieuses et skieurs suisses sont montés sur le podium 31 fois, soit une de moins seulement que la saison dernière (32), quand ils pouvaient déjà s’enorgueillir d’une performance d’ensemble très réussie après n’avoir totalisé que 23 podiums en 2016-2017, 26 en 2015-2016 (année du sacre de Lara Gut) et huit en 2014-2015. Il faut remonter à l’hiver 2009-2010 pour trouver la trace d’un bilan plus flatteur (35 podiums, grand globe pour Carlo Janka, troisième place au général pour Didier Cuche).

Loin de l’Autriche

Par rapport à la saison dernière, les performances des hommes et des femmes suisses se sont inversées. Ils sont passés de 13 à 19 podiums; elles ont régressé de 19 à 12. Cela s’explique d’une part par l’affirmation d’une génération de jeunes spécialistes des épreuves techniques chez les hommes (neuf podiums entre Yule, Meillard, Zenhäusern, Odermatt et Tumler), d’autre part par une Wendy Holdener un peu moins vorace (sept podiums contre 11 l’hiver précédent) et une Michelle Gisin perturbée par les blessures (celle de son frère Marc puis la sienne).

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Le tableau en Coupe du monde se révèle ainsi très différent de celui brossé lors des Championnats du monde d’Are (Suède) en février par la délégation suisse. Elle y avait décroché quatre médailles, trois chez les femmes, une par équipes, aucune chez les hommes, soit une performance d’ensemble moins aboutie que lors des précédents grands événements (sept médailles aux JO de Pyeongchang en 2018 et aux Mondiaux de Saint-Moritz en 2017).

De bonnes chances de se distinguer

Le rendez-vous majeur de l’hiver est ainsi un miroir déformant au vu des résultats cumulés sur la saison entière, plutôt réussie, et davantage par les hommes que par les femmes, même si la Suisse demeure loin de ses records (87 podiums en Coupe du monde en 1986-1987) comme de l’Autriche (41 podiums cette saison).

A Soldeu, le bilan peut encore s’améliorer, dès ce mercredi où Beat Feuz skiera pour remporter son deuxième globe de cristal consécutif en descente. Il compte 80 points d’avance sur l’Italien Dominik Paris. Dans toutes les courses, à l’exception du géant féminin, certains de ses compatriotes auront par la suite des chances bien réelles de se distinguer à leur tour.

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