Hiver

Ski en peau de phoque: le b.a.-ba de la rando

Sport de l’effort contemplatif, la peau de phoque 
attire chaque hiver plus d’amateurs. Mais la pratique 
n’est pas sans risque. Conseil, piste et matériel: tout 
ce qu’il faut savoir pour s’initier au ski de randonnée

Il n’émet aucun doute. Le ski de randonnée est, selon Yoann Burkhalter, guide dans le bureau Passe Montagne, un fantastique moyen de se déplacer dans les montagnes enneigées. Toujours à l’affût de bonne neige, il aime traverser ces paysages alpins en hiver. «C’est une invitation à la contemplation, à la méditation même.» Sans surprise, il encourage la décision de se mettre au ski de randonnée cette année, à condition d’être préparé, accompagné et de se faire plaisir.

Yoann Burkhalter: Je pars de l’idée que si une personne décide de suivre un ami en randonnée, c’est qu’elle le sait sain d’esprit et qu’il saura lui préparer un itinéraire facile, adapté à son niveau, le tout en sécurité. L’autre option est de s’inscrire à l’un des multiples cours d’initiation proposés par les guides de montagne ou par les sections du club alpin. Etre entouré de professionnels ou de bénévoles passionnés permet d’aborder la montagne en hiver avec la sécurité de personnes formées aux risques de la montagne.

– Quel premier conseil donneriez-vous 
à celui qui veut s’initier à la randonnée?

Le confort est le plus important. Il faut éviter tout frottement et toute pression dans les chaussures. Choisir des skis légers est un avantage pour la montée, mais je recommande des modèles qui offrent une bonne skiabilité à la descente. Ce sont pour moi des skis de 8 à 10 centimètres au patin, pas trop longs pour permettre des conversions aisées à la montée et pas trop courts, histoire d’avoir du plaisir à la descente. En ce qui concerne les fixations, celles à insert, (deux pointes qui viennent mordre la chaussure à l’avant, ndlr.) sont désormais le plus utilisées. Elles conviennent autant aux habitués qu’aux débutants et leur atout est la légèreté. Mais bien qu’elles soient fiables, elles n’offrent pas la même sécurité que celles de ski alpin en cas de chute. Donc si vous présentez des problèmes de genoux, j’aurais tendance à vous proposer une fixation qui permette un meilleur déchaussage. Peut-être est-il nécessaire de préciser que les fixations à insert ne sont utilisables qu’avec des chaussures conçues à cet effet, c’est-à-dire avec deux trous de part et d’autre de la pointe.

– Quels vêtements doit-on privilégier?

La superposition des couches permet une régulation de la température corporelle. Vu qu’un itinéraire peut passer de l’ombre au soleil, que la météo peut vite changer, il est sage de prévoir tous les cas de figure. Légers, compacts et chauds, les pulls en mérinos ou synthétiques sont idéaux. Une paire de gants de rechange, ainsi qu’un tour de cou et un bon bonnet sont toujours au fond de mon sac. Car le froid fait perdre beaucoup d’énergie. Ma doudoune est ma meilleure alliée.

– Sans oublier l’ARVA...

Alors oui, avec la pelle, c’est l’appareil de sécurité absolument indispensable. L’ARVA (balise de recherche de victimes d’avalanche, lire l’encadré) est à porter sur soi avec des piles chargées. Dans mon sac à dos, j’ai aussi une boussole, une carte, une trousse de réparation et du matériel de secours. Selon le type de sortie, je prends aussi des couteaux pour éviter de glisser sur les pentes gelées, des crampons, une petite corde et une radio. Certains emportent parfois une peau de phoque de rechange au cas où l’une ne colle plus ou du duke-tape, pour les réparations.

– Vous êtes plutôt sandwich ou gel énergétique?

Souvent, je prends un bon petit-déjeuner avant de partir. Les conseils diététiques ne sont pas mon fort. L’apport de graisses durant une randonnée est bénéfique. Prendre des noix, du fromage ou du salé comme de la viande séchée par exemple est souvent salvateur. Le principal, c’est d’avoir à boire.

– Comment choisit-on un itinéraire?

Le guide se chargera de cela. Il faut avoir les connaissances nécessaires pour sortir des zones sécurisées. Non seulement face au danger d’avalanche, mais aussi par rapport au terrain. Au-delà de 30°, les pentes enneigées peuvent être dangereuses. La faisabilité d’un itinéraire dépend beaucoup des conditions de neige. Si un copain a pu skier un passage en sécurité un jour, il est possible que le lendemain ce même passage doive être évité. De même qu’un itinéraire faisable en été n’est pas forcément abordable en hiver.

– Quelles sont les astuces pour gravir la pente?

D’abord il s’agit de coller la peau de phoque sous des skis aux semelles bient nettoyées. Il faut ensuite caler les chaussures en position «marche» et les fixations en position «montée». Une chose à ne pas oublier avant de partir: le test rituel des ARVA afin de vérifier si tous les appareils sont allumés.

Une fois en route, choisissez un rythme, pas trop rapide. Dans l’idéal évitez d’arriver au sommet mort de fatigue, car il faudra encore descendre. Pour monter, avec les peaux de phoque, glissez les skis sur la neige et ne les soulevez pas, c’est comme le moonwalk à l’envers.


En piste, mais pas n’importe où: les programmes des stations

C’est une épreuve pour les stations. Désormais 
la tendance hivernale veut que les skieurs préfèrent une heure de randonnée à vingt-cinq descentes 
sur le domaine skiable. Passion contagieuse, 
volonté de liberté, diktat d’un corps sain ou effet de mode, on s’interroge. Mais les randonneurs sont unanimes: le matériel actuel est plutôt séduisant. Léger, facile à skier, il se décline même en différents modèles destinés à des pratiques spécifiques. Résultat, on assiste depuis quelques années à une prise d’assaut des itinéraires classiques de randonnées et des pistes de ski en sens inverse où les randonneurs peuvent augmenter leurs pulsations en évitant les dangers de la nature à l’état brut.

Toutefois, du côté des responsables des remontées mécaniques, les rouages grincent. Outre le fait qu’aucun bénéfice n’est perçu de ces arpenteurs clandestins, les randonneurs sont une source d’inquiétudes. Durant la journée, le risque de collision avec les skieurs alpins menace et quand ils abordent les pistes pendant la nuit, ce sont les dameuses et les câbles auxquels elles sont accrochées qui mettent dangereusement leur ascension en péril. Sur leur site internet, les remontées mécaniques suisses interdisent la pratique du ski de randonnée sur les pistes de ski après fermeture.

En journée, bien que les alpins détiennent la priorité, les randonneurs sont tolérés mais doivent faire preuve d’une attention particulière. Toutefois certaines stations s’avèrent plus sévères que d’autres selon leur situation et leur aménagement (Champéry, Ovronnaz et Anzère font partie des domaines récalcitrants à la pratique). Se renseigner avant d’aborder les pistes en peaux de phoque est donc d’usage. Toutefois, les stations ne sont pas restées sourdes face à cet engouement grandissant et à partir de cette année, des alternatives sont proposées par la plupart d’entre elles. Aperçu.

Première en Suisse romande. Soutenus par leurs offices du tourisme respectifs, 
les Diablerets et Morgins proposent des «Rando-parc», itinéraires balisés spécialement conçus 
pour le ski de randonnée. De difficultés 
variables, avec des dénivelés allant de 260 
à 740 mètres, les parcours atteignent le haut 
des pistes en passant par les buvettes d’alpage. www.morgins.ch/ski-de- et www.diablerets.ch. 
Bien que sécurisés, ces itinéraires doivent être abordés avec le matériel de sécurité nécessaire.

Pour les adeptes de randonnées nocturnes, les remontées mécaniques valaisannes se sont réunies et proposent en tournus une mobilisation des dameuses retardé laissant ainsi la place aux sportifs. En consultant leur site, ils peuvent savoir dans quelles stations chausser leurs lattes pour s’entraîner à la lampe frontale en sécurité. Autour de Martigny: www.rando-nocturne.ch. Et en Valais central: www.mosaic-skipass.ch

Entre Verbier, Bruson et la Tzoumaz, des pistes de randonnées sont aménagées à partir de cette année en bordure de certaines pistes déjà parcourues par les aficionados. A Ovronnaz, le secteur de la Loutze, en dehors du domaine skiable peut constituer un terrain d’entraînement selon les conditions.

Appareil de recherche de victimes d’avalanche (ARVA): Bien qu’il ne nous quitte jamais en randonnée, il faudrait ne jamais en avoir besoin. Pour cela, une connaissance approfondie du manteau neigeux est nécessaire. Des cours de recherche en avalanche sont régulièrement proposés et vivement conseillés. Vous y apprendrez à gérer un groupe et à acquérir les réflexes d’urgence en cas d’avalanche. Toujours allumé, porté près du corps pour ne pas être arraché par l’avalanche ou dans une poche verrouillée, l’ARVA doit se tenir loin des téléphones portables qui peuvent créer des interférences en mode émission et en mode recherche. Indissociables de la pelle et de la sonde enfouies dans le sac, les ARVA modernes sont de plus en plus faciles d’utilisation et rapides pour la recherche. Trois modèles sont ici proposés selon un test effectué dans un dossier de «Montagne Magazine»: Le BCA Tracker 3 Le ARVA Néo Le Mammut Element Barryvox.


Les conseils du magasin Altmann sport à Vevey

Set 1: Ski alpinisme
Skis «Dynastar Piramenta Pro Carbon»: D’un poids plume d’environ 650g (+/–30 g) ce ski offre un rocker en spatule qui vient améliorer a skiabilité. Performant à la montée comme à la descente, il est idéal pour les compétitions. Fixations «Dynafit Low tech race », Simples et légères, elle n’ont pas pas de stopper. Chaussures La «Scarpa F1» offre un excellent débattement, un poids léger et un de serrage très précis grâce au système BOA.

Set 2: Free-rando

Skis «Zag UBAC», Un ski pour aller chercher de la neige fraîche. Excellent rapport, poids, skiabilité et portance. Testé et approuvé pour les guides chamoniards. Chaussures «Scott Cosmos»: Légères avec bonne skiabilité. Fixations  «Diamir Vipec»: Un produit de haute qualité fabriqué et assemblé en Suisse. Chaque fixation a subi un contrôle de qualité minutieux incluant une vérification de son bon fonctionnement. Idéale pour skier.
en toute sécurité.

Set 3: Initiation et plaisir

Skis «Scott Superguide 88»: De loin pas le plus léger car c’est un ski que l’on peut aussi utiliser sur la piste. Il offre une stabilité géniale et reste très maniable. Parfait pour faire ses armes en randonnée tout en se sentant rassuré. Fixations «Diamir scout»: Très facile d’utilisation. Idéal pour se faire plaisir sans s’énerver. Chaussures «Scott Celeste», une forme spécialement adaptée à la morphologie féminine, très légère avec un serrage à quatre boucles.

Set 4: Freeride

Skis «Scott Cascade 110»: Idéal pour les longues randonnées et les descentes dans la poudreuse plus engagées. Fixations «Marker KingPin»: une butée à inserts Low-tec et une talonnière d’esprit alpin qui permet un bon déchaussement. Pour un ski plus en force avec plus de sécurité. Chaussures «Lange freetour 130»: Destinée aux très bons skieurs qui souhaitent sortir des sentiers battus pour dévaler des pentes vertigineuses avec une vraie chaussure de ski mais un débattement pour la montée et une semelle adaptée.

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