La saison 2000-2001 de Coupe du monde de ski alpin a pris fin ce week-end, avec les finales disputées à Åre, en Suède. Même si, comme le dit Jean-Daniel Mudry, il est encore trop tôt pour se livrer à un bilan précis concernant la Suisse («nous allons nous livrer rapidement à une analyse détaillée»), l'heure n'en est pas moins aux premiers constats. Pour le directeur de Swiss-Ski (Fédération suisse), «les tendances sont à l'amélioration». «Nous enregistrons des progrès partout, sauf en slalom», affirme-t-il.

Sinon, le directeur de la Fédération se dit dans l'ensemble satisfait même si, au téléphone, sa voix ne transpire pas un enthousiasme débordant. «Nous remportons le globe de cristal féminin du géant et avons laissé échapper de peu celui du géant masculin samedi (ndlr: Hermann Maier termine avec dix points d'avance seulement sur Michael von Grünigen). Nous avons réalisé de brillantes performances à Åre, ainsi que de bons championnats du monde à Sankt Anton avec trois médailles, dont deux d'or. Les jeunes progressent: ils ont obtenu cinq médailles et huit diplômes aux Mondiaux disputés en Valais. Nous avons créé un groupe de travail «recherche» et commencé à effectuer des progrès en matière d'encadrement social de nos athlètes.» Il ajoute: «Seul me reste en travers de la gorge le couac en matière de communication intervenu lorsque nous avons décidé de nous séparer de Hans Pieren, chef alpin des dames.»

Fossé avec l'Autriche

Si Jean-Daniel Mudry essaye de demeurer optimiste dans l'ensemble, il a tout de même conscience qu'un fossé existe toujours entre la Suisse et l'Autriche. Même si l'écart a quelque peu diminué par rapport à l'an dernier. Première au classement par nations, la Wundermannschaft totalise 14 055 points en tout cette saison. Contre 5826 à la Suisse, deuxième. Lors du précédent exercice, l'Autriche avait inscrit 19 111 points, contre 5415 à la Suisse, alors troisième derrière l'Italie. Reste que si les représentants de l'«Aigle» n'ont pas été aussi «saignants» cet hiver, ils le doivent partiellement à l'annulation de six courses.

La Suisse est en progrès, mais il y a un hic. Car elle doit avant tout ses exploits à ses stars vieillissantes. Sonja Nef et Corinne Rey-Bellet auront bientôt 29 ans. Michael von Grünigen, 32. «C'est clair, confirme le directeur de Swiss-Ski. Mais il n'y a pas que nous qui connaissons ce genre de problème. Même les Autrichiens en souffrent.» Dans une moindre mesure tout de même. Heureusement, quelques talents ont montré le bout de leur nez cet hiver: «Lili» Kummer, Sylvano Beltrametti, Rolf von Weissenfluh ou encore Urs Imboden. «Les choses bougent même s'il manque encore une réelle poussée des jeunes, estime Jean-Daniel Mudry. En conséquence, nous allons mettre plus que jamais l'accent sur la relève.» Un secteur confié il y a quelques mois au Valaisan Didier Bonvin, ancien chef de l'équipe masculine française.

Patrice Morisod s'en va

Il est certain que les excellents résultats réalisés par les Suisses à Åre ces derniers jours – deux victoires de Sonja Nef, une de Corinne Rey-Bellet, une 3e place de Sylviane Berthod et trois athlètes classés, en sus, dans le top 5 – donneront du moral aux troupes dans l'optique des tests de fin de saison, de la préparation estivale et du début du prochain exercice. Celui-ci commencera sans Patrice Morisod. L'entraîneur des slalomeurs a démissionné ce week-end, tirant les conséquences de la saison désastreuse de ses athlètes dont un seul s'est classé une fois parmi les dix premiers. «J'aurais voulu opérer des changements, affirme le mentor valaisan, mais je ne sentais pas le soutien de Dieter Bartsch (ndlr: le chef alpin des hommes). Mon rapport de confiance avec lui est complètement rompu.»

Morisod parti, Hans Pieren limogé, Philippe Chevalier qui a finalement refusé de succéder au Bernois après avoir dû faire face à un vent de fronde lancé par les skieuses (qui s'entendaient bien avec Pieren) lors de sa nomination: Jean-Daniel Mudry a aussi des inquiétudes avec son staff. «De petits soucis, banalise-t-il. Pour moi, la rotation des entraîneurs est quelque chose de parfaitement normal.» Un langage étrange pour un homme qui, il n'y a pas si longtemps que ça, prétendait que la stabilité était gage de brillants exploits…