Football

Sochaux, l'espagnol en troisième langue

La gestion globale du FC Sochaux-Montbéliard va être confiée au groupe basque Baskonia-Alavés pour trois ans. La décision a été prise par les propriétaires chinois du club, qui restent à la barre

Depuis 2015 et le rachat du club historiquement aux mains de Peugeot par Ledus, filiale du groupe chinois Tech Pro, les supporters du FC Sochaux-Montbéliard ont acquis quelques notions de mandarin pour préparer des banderoles que les dirigeants puissent lire. Ils devront désormais ajouter l’espagnol à leur bagage linguistique: leur club va être géré par le groupe Baskonia-Alavés, actif dans le football et le basketball au Pays basque.

Ces derniers jours, la presse ibérique évoquait un rachat en bonne et due forme du club franc-comtois. Son communiqué, mardi, parle d’un mandat confié par les propriétaires chinois à un nouveau partenaire: «Cette collaboration visera à développer l’efficacité du FCSM tant dans les domaines sportif, économique, financier que du management global. Tech Pro prendra à sa charge le coût de la prestation comme preuve de son support.»

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Concrètement, le groupe Baskonia-Alavés se voit confier la «gestion globale du FCSM» pour trois saisons. Une équipe de quatre personnes, dont un directeur général, sera prochainement dépêchée à Sochaux pour reprendre en mains un club dont la première équipe – dirigée par l’ancien entraîneur du FC Sion Peter Zeidler – pointe au dixième rang du classement de Ligue 2.

Un modèle qui s’exporte

Baskonia, c’est d’abord un nom qui parle aux amateurs de basketball. Le club basé à Vitoria-Gasteiz, fondé en 1959, est devenu une référence continentale dans les années 2000 en remportant plusieurs titres en Espagne et en atteignant le dernier carré de l’Euroligue à de nombreuses reprises. En 2011, sa méthode de management a été appliquée au principal club de football de la ville, le Deportivo Alavés, qui se débattait alors sportivement en Segunda B (troisième division) et financièrement avec des dettes à hauteur de 20 millions d’euros. En 2016, il a retrouvé l’élite du foot espagnol. En 2017, il a atteint la finale de la Copa del Rey (défaite contre Barcelone).

Voilà qu’il se retrouve acoquiné avec une équipe française. Il n’est plus rare aujourd’hui de voir des clubs évoluant dans des championnats et des pays différents collaborer de manière plus ou moins officielle. Le City Football Group possède des parts dans cinq clubs sur quatre continents derrière la figure de proue Manchester City, tout frais champion d’Angleterre. Chelsea travaille main dans la main avec le Vitesse Arnhem (Pays-Bas) depuis des années. Le rapprochement établi avec Sochaux devrait aussi permettre au Deportivo Alavés d'«établir des liens footballistiques entre les deux équipes, avec des opérations de caractère économique et sportif», souligne un communiqué du club basque.

Les dirigeants du FCSM, eux, pensent avoir saisi «une belle opportunité de stabilité et d’avenir». Reste à voir comment elle sera accueillie par les supporters sochaliens, qui militent depuis des mois en tribunes et en coulisses pour un retrait pur et simple des actionnaires chinois.

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