Malgré une différence d’âge relative, la finale du simple dames de l’Open d’Australie, samedi à Melbourne, opposait, à travers l’Espagnole d’origine vénézuélienne Garbiñe Muguruza (26 ans) et l’Américaine Sofia Kenin (21 ans), née à Moscou de parents russes, deux écoles et peut-être deux générations.

Brune, très élégante, les traits déterminés, le visage fermé, Garbiñe Muguruza incarne le style classique: une joueuse qui s’efforce de n’exprimer aucune émotion et qui se débat intérieurement comme elle peut avec ses démons intimes. Lorsque cela ne fonctionne pas, que la cocotte-minute siffle à toute vapeur et que le beau visage de marbre, lentement, se décompose sous la pression, cela donne 45 fautes directes (pratiquement la moitié des points comptabilisés pour son adversaire) et 9 doubles fautes, exécutées toujours aux pires moments, souvent par séries de deux ou même trois, parfois des fautes de plus d’un mètre.