On peut sûrement adresser quelques reproches à l'ancien capitaine de l'équipe de Suisse Stéphane Oberer, mais il faut aussi lui reconnaître des qualités. L'une d'elles est d'avoir eu la bonne intuition d'intégrer dès l'an dernier Roger Federer dans la formation helvétique comme partenaire d'entraînement à l'occasion de la rencontre de premier tour face à la République tchèque. Oberer sentait que l'avenir du tennis masculin suisse passait par le jeune talent bâlois et le fait s'est confirmé à peine un an plus tard.

Rosset pour ouvrir les feux

Avant le tirage au sort, Claudio Mezzadri, le successeur d'Oberer, n'avait émis qu'un souhait: que Marc Rosset joue en premier. Il avait sans doute en tête que cela faciliterait les grands débuts de Roger Federer en Coupe Davis, en admettant que le Genevois l'emporte évidemment. Les vœux du nouveau mentor de la sélection helvétique se sont réalisés. Le numéro un suisse a non seulement ouvert les feux, mais il a également rempli son contrat en s'imposant en trois sets.

Cette rencontre d'ouverture n'a pas été d'un niveau exceptionnel, tant s'en faut, entre autres parce que l'expérimenté Pozzi a le don de faire mal jouer ses adversaires. L'essentiel, à savoir le premier point pour la Suisse, Rosset l'a cependant obtenu en ne connaissant que deux légères alertes, d'abord quand il a perdu sa mise en jeu au moment de servir à 5-4 pour le gain du set initial et ensuite lorsqu'il a été mené 3-5 dans la troisième manche. Impérial lors des jeux décisifs qui ont conclu les deux sets cités plus haut, Rosset a évité toute mauvaise surprise et permis ainsi à son jeune camarade Federer d'entamer sa carrière en Coupe Davis dans les meilleures conditions.

Le culot de Federer

Le dénommé Federer a profité de l'aubaine. Opposé à un Sanguinetti certes souvent éliminé au premier tour cette année mais qui est 48e joueur mondial et qui a battu Todd Martin en trois manches aux Etats-Unis en demi-finale de Coupe Davis la saison passée, le numéro deux helvétique a réalisé une performance remarquable pour son âge (il n'a pas encore 18 ans) et son classement ATP (il n'est pour l'instant que 123e). Il a suscité de la sorte l'admiration d'un public neuchâtelois venu nombreux à la Patinoire du Littoral.

Il faut admettre qu'il est impressionnant de voir un espoir faire ses débuts en Coupe Davis avec un tel aplomb. Federer a disputé une excellente première manche et, s'il a totalement passé à côté du jeu décisif du deuxième set par manque d'expérience et de lucidité, il a parfaitement su se reprendre au cours des deux ultimes manches en s'appuyant sur ses points forts, c'est-à-dire son service et son coup droit. Le mérite de Federer est d'autant plus grand que Sanguinetti a joué une partie tout à fait digne d'éloge pour un professionnel en panne de confiance.

On se réjouit d'ores et déjà de revoir Roger Federer à l'œuvre, mais il est probable que sa rencontre de dimanche n'ait plus d'importance. Rosset et Manta ont en effet les moyens d'assurer dès aujourd'hui la victoire suisse face à un double italien privé de son pilier Diego Nargiso, grippé.