Soirée renversante à Riga. Non que le Lettonie-Suisse (2-2) de mercredi soir ait atteint des sommets techniques – ce fut au contraire une partie très peu digeste pour les esthètes et les poètes réunis. Mais son scénario, en revanche a fait passer les joueurs d’Ottmar Hitzfeld et leurs quelque 2000 supporters par tous les états. Au final, et il faut se pincer pour le croire, le point ramené des bords de la Baltique ne constitue pas une mauvaise opération comptable dans la course à la qualification pour la Coupe du monde 2010, puisque la Suisse conserve trois points d’avance sur la Grèce et le contradicteur letton, alors qu’il lui reste deux matches à disputer – au Luxembourg et face à Israël.

La bienséance conviendrait, à cet égard, d’envoyer – au moins – une boîte de chocolat à nos amis moldaves. Ces derniers, dans une formidable inspiration, ont en effet eu le très bon goût d’égaliser à la 90e face à la Grèce.

Mais revenons à Riga. Lors d’une première mi-temps digne d’un honnête rendez-vous de Challenge League tout au plus, il n’y eut ni saveur ni élan. Et lorsqu’on vibre, dans la loge VIP, c’est au rythme de la rencontre Allemagne-Lettonie, qualificative pour le prochain Euro de basketball. Les Suisses, au mépris des jolis discours entendus ces derniers jours, piétinent à côté de leur sujet. On se dit qu’ils sont sacrément boleux lorsque, à la 43e, lancé par un Tranquillo Barnetta qui n’a rien réussi d’autre de la soirée, Benjamin Huggel profite d’une sortie fantaisiste du gardien letton pour trouver la tête de Frei, qui marque son 40e but en 70 sélections.

Si bien payée, la Suisse se montre trop peu reconnaissante envers le sort et continue à déjouer en seconde période. Mal lui en prend puisque, sale coup sur coup, la Lettonie renverse la vapeur en moins d’un quart d’heure. Un tir ahurissant d’Aleksanders Cauna (62e), puis une tête du capitaine Vitalijs Astafjevs (75e) plombent méchamment les desseins sud-africains de la délégation helvétique. Car à ce moment-là de la soirée, la Suisse est troisième de son groupe.

Comme samedi contre la Grèce, ce sont les entrées successives de Hakan Yakin, Johan Vonlanthen et Eren Derdiyok qui débloquent la situation. C’est ce dernier qui, suite à un corner d’Alexander Frei, égalise de la tête et éclaircit la soupe à la grimace (82e).

On s’achemine vers un match nul ennuyeux lorsque la bonne nouvelle tombe du côté de Chisinau. La Moldavie chipe deux points capitaux à la Grèce et une conclusion s’impose: mercredi soir, les dieux du football – ils existent – voulaient du bien à une équipe de Suisse qui n’a pas fait grand-chose pour mériter ça…