Aux Jeux olympiques de Pyeongchang, Samsung était partout. Tous les athlètes ont reçu un téléphone portable dernier cri en cadeau et tous les visiteurs ont vu les publicités du groupe d’électronique. Mais pour s’offrir cette vitrine exceptionnelle, il n’aurait pas hésité à franchir la ligne rouge et à acheter des voix de membres du CIO pour que la candidature sud-coréenne triomphe, en juillet 2011, de ses concurrentes française (Annecy) et allemande (Munich).

27 membres du CIO mentionnés

La chaîne asiatique SBS TV a affirmé mardi avoir obtenu copie de nombreux courriels entre des responsables de Samsung et Papa Massata Diack, fils de l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme et ancien membre du CIO Lamine Diack, déchu à la suite à sa mise en examen pour corruption. Le Sénégalais y promettrait de convaincre des membres du CIO de voter en faveur de Pyeongchang en échange d’argent et de contrats de parrainage. Il a déjà été mis en cause pour son rôle dans des achats de voix en faveur de Rio 2016 et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Dans un premier temps obtenus par la justice sud-coréenne qui enquête sur l’ancienne présidente Park Geun-hye (récemment condamnée à 24 ans de prison pour corruption), les courriels contiennent une liste de 27 membres du CIO; mais la chaîne ne donne aucun nom. De son côté, Samsung s’est défendu dans un communiqué d’avoir mené la moindre «activité illégale de lobbying pour obtenir la victoire de Pyeongchang». Lee Kun-hee, ancien patron de l’entreprise et membre du CIO jusqu’en 2017, a participé activement à la candidature sud-coréenne.