Douze mille spectateurs à l’Arena Johan Cruyff d’Amsterdam, 13 000 au stade San Mamés de Bilbao, 20 000 à l’Olimpico de Rome… Le Championnat d’Europe des nations, repoussé de 2020 à 2021 en raison de la pandémie, marquera-t-il le retour massif du public autour des terrains de football cet été? Les villes hôtes, exceptionnellement au nombre de 12 dans autant de pays différents, avaient jusqu’à ce mercredi 7 avril pour entretenir l’espoir de l’UEFA.

En mars, le président slovène de l’instance, Aleksander Ceferin, avait balayé d’une phrase l’éventualité d’une compétition à huis clos, puis appelé les organisateurs locaux à présenter concepts et garanties en vue de l’accueil de fans, sans quoi leurs rencontres pourraient leur être retirées. L’exigence avait de quoi surprendre alors que la situation sanitaire est loin de s’améliorer uniformément sur le continent. Mais ils s’y sont pliés du mieux qu’ils le pouvaient ces derniers jours.

«Toutes les villes ont réagi positivement, a affirmé le directeur du tournoi, Martin Kallen, à la télévision danoise TV3 Sport. Mais je peux vous dire qu’il y a de très grosses différences entre les villes dans les quotas de spectateurs qui pourront entrer dans les stades.»

«Aucune garantie»

Il y a aussi beaucoup de précautions dans les déclarations des responsables. Selon la presse espagnole, la fédération du pays a planché sur un remplissage à 25% de la capacité du stade San Mamés de Bilbao, soit environ 13 000 personnes. Mais celles-ci «ne pourront entrer dans le stade que dans la mesure où les conditions sanitaires parfaites seront atteintes, circonstances qui, aujourd’hui, ne sont pas réunies», précise toutefois Marca.

Les conditions sanitaires requises seraient notamment un taux d’incidence sur quatorze jours inférieur à 40 cas pour 100 000 habitants, une immunité de la population du Pays basque et de l’Espagne qui dépasse les 60%, un taux d’occupation des lits en réanimation inférieur à 2% dans la région, et une traçabilité des cas locaux supérieure à 90%.

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La même jauge de 25% a été retenue à Amsterdam, hypothèse «réaliste» qui permettrait la présence de 12 000 personnes dans les tribunes. La Fédération néerlandaise n’exclut pas une augmentation de la proportion si la situation s’y prête… ou une réduction si elle se détériore. «Il n’y a encore aucune garantie», souligne Gijs de Jong, responsable de l’organisation locale.

Du public, oui «mais»

En Allemagne, où le monde politique s’interroge sur un «verrouillage» strict mais court pour enrayer la propagation du Covid-19, la fédération a lancé un appel pressant aux autorités locales pour qu’elles soumettent un scénario prévoyant la présence de spectateurs aux matchs qui doivent se disputer à Munich, ce qu’elles ont fait. Mais s’«il est pensable et souhaitable que des fans puissent être accueillis», la ville a rappelé l’évidence: «Le scénario finalement retenu dépendra de la situation de la pandémie en juin et juillet.»

A Rome, où la Suisse doit affronter l’Italie lors de son deuxième match, le message est comparable. Le gouvernement a donné son feu vert à la présence de spectateurs, mais elle reste toutefois tributaire de la mise en place d’un protocole. Peu importe: «Dans un moment aussi complexe, est ainsi clairement exprimée la volonté de voir confirmée la présence italienne à ce grand événement», s’est enthousiasmé le président de la fédération, Gabriele Gravina.

Il est attendu de l’UEFA qu’elle valide son plan «définitif» – sauf secousses pandémiques – les jours précédant son congrès du 20 avril, à Montreux. Le tournoi, lui, doit se tenir du 11 juin au 11 juillet.