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Lors de la finale 2013 de la LNA de basketball, Fribourg Olympic affronte Lugano. Les sports de salle se sont inspirés du hockey sur glace pour lancer le concept du top-scorer, avec un maillot spécial pour le meilleur marqueur de chaque équipe. 
© 50 / Pascal Muller

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Pour les sports de salle, l’union fait la force

Comment exister dans le paysage médiatique suisse face au football et au hockey sur glace? «Ensemble», répondent en choeur le basketball, le handball, l’unihockey et le volleyball

Unus pro omnibus, omnes pro uno. Inscrite sous la coupole du palais fédéral, la locution latine fait figure de devise traditionnelle mais non officielle de la Suisse. Après les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, les fédérations nationales des quatre principaux sports collectifs de salle (basketball, handball, unihockey et volleyball) ont décidé de l’adopter à leur tour. Un pour tous, tous pour un objectif commun: se faire une place au soleil (médiatique) et sortir de l’ombre des sports dominants.

Pour cela, impossible pour ces disciplines de jouer sur le terrain du nombre de spectateurs: aucune de leurs premières divisions n’atteint les 1000 spectateurs de moyenne quand il y en a, en Suisse, 10 000 dans les stades et 7000 dans les patinoires. Mais avec 100 000 licenciés en tout – deux fois et demi moins que le football (250 000) mais quatre fois plus que le hockey (23 290) – et bien davantage de pratiquants occasionnels, elles peuvent tout de même capitaliser sur leur popularité.

Un contrat avec la SSR

Les quatre disciplines ont créé ensemble Indoor Sports. Cette coopérative a convaincu cette semaine la SSR d’assurer la retransmission des matches décisifs des quatre disciplines sur les sites internet (et parfois à la télévision) de la SRF, de la RSI et de la RTS. Le service public rendra également compte de ces confrontations dans ses émissions sportives. L’accord porte sur trois saisons, à compter de celle qui se déroule actuellement. «Jusqu’ici, chacun avait lutté pour avoir un créneau, ce qui s’est parfois concrétisé, par exemple, par la diffusion d’une finale de Coupe, mais c’était du coup par coup, rappelle Werner Augsburger, président d’Indoor Sports et directeur de Swiss Volley. Désormais, nous pouvons travailler sur le moyen terme, ce qui permet une meilleure visibilité, une meilleure communication et une recherche de sponsors plus facile.»

Le samedi 2 avril prochain, les finales féminine (Guin – Voléro Zurich) et masculine (Näfels – Lausanne) de la Coupe de Suisse de volleyball seront ainsi proposées en direct. Les semaines suivantes, il en ira de même des finales de Coupe et de play-off de toutes les disciplines, tant chez les hommes que chez les femmes. «La SSR montre une nouvelle fois sa volonté de diversification dans la couverture médiatique sportive», se réjouit Roland Mägerle, chef du département SSR Sport dans un communiqué. «En tout, la SSR va produire environ quarante matches et les montrer en tout cas sur internet. Mais ce qui sera particulièrement intéressant pour nous, pour accroître la notoriété de nos disciplines, ce sont les extraits repris par les émissions télévisées», précise Beat Ackermann, directeur d’Indoor Sports.

Sponsoring proactif

Le grand artisan du rapprochement des sports de salle, c’est lui. Mais il portait au départ une autre casquette: celle de responsable sponsoring et événements de La Mobilière. Basketball, handball, unihockey et volleyball ne partagent pas grand-chose sinon qu’ils se jouent à l’intérieur, mais Beat Ackermann a vu au-delà des règlements et des publics différents. «Ensemble, ces disciplines représentent 100 000 licenciés, 900 matches de Ligue nationale A, deux millions de personnes intéressées à travers tout le pays, énumère-t-il. Quand vous démarchez de nouveaux partenaires et que vous pouvez promettre que 75 équipes de LNA vont appliquer le même concept, c’est considérable.»

De son côté, La Mobilière cherchait par le sponsoring autre chose qu’une amélioration de son taux de notoriété. «Si vous mettez un panneau dans un stade de football, il va être vu par beaucoup de monde, mais qui va quitter le match en parlant de l’entreprise? Personne, estime Beat Ackermann. Si vous allez dans des sports de niche, les licenciés ont des parents, des amis, et tous ces gens se disent que c’est super que nous fassions quelque chose pour eux. La relation est plus directe, plus profonde.» Et elle aboutit à des résultats très concrets. «La Mobilière a gagné beaucoup de clients parmi les unihockeyeurs en sponsorisant cette discipline pendant quelques années», assure-t-il. Mais le «floorball», comme on dit outre-Sarine, avait ses limites: plus masculin que féminin, plus alémanique que romand. Avec le volley très prisé des filles, le basket des latins et le hand en prime, la couverture du pays est beaucoup plus fine, beaucoup plus homogène.

Supercoupes en commun

Dès le départ, l’entreprise ne se contente pas d’apposer son logo sur des banderoles et de régler la facture; elle adopte une attitude proactive pour développer ses nouvelles disciplines favorites. Lors de la saison 2013-2014, Beat Ackermann a l’idée d’instaurer le concept du top-scorer, inspiré du hockey sur glace, avec un maillot spécial pour le meilleur marqueur de chaque équipe. En 2015, la coopérative Indoor Sports voit le jour, et avec elle deux nouveaux événements annuels: une soirée de gala et un week-end pendant lequel se disputent les Supercoupes masculines et féminines des quatre disciplines en un seul lieu, en ouverture de saison. Il y avait 7000 personnes pour l’occasion au Hallenstadion de Zurich en septembre dernier.

L’approche marketing du projet enthousiasme la profession. La Mobilière a remporté le Swiss Sponsorship Award 2016 dans la catégorie sport il y a un mois. Pour autant, Werner Augsburger estime qu’Indoor Sports n’est pas encore arrivé à maturité. «L’objectif, c’est que la coopérative devienne un outil de distribution de fonds, explique le président. Maintenant, il faut donc trouver des partenaires supplémentaires.» Et d’essayer d’entrer dans un cercle vertueux, où le spectacle amène du public; qui motive des sponsors; qui permettent de professionnaliser le sport; ce qui améliore le spectacle, etc. La coopérative ne dévoile pas son budget actuel, mais indique que 400 000 francs sont distribués aux clubs pour encourager la relève par le biais du programme des top-scorers.


En chiffres

Basketball

Nombre de licenciés: 15 222

Nombre d’équipes en LNA: 8 chez les femmes/10 chez les hommes

Nombre moyen de spectateurs: 500/717

Handball

Nombre de licenciés: 20 000

Nombre d’équipes en LNA: 8 / 10

Nombre moyen de spectateurs: 206/657

Unihockey

Nombre de licenciés: 30 793

Nombre d’équipes en LNA: 8 / 12

Nombre moyen de spectateurs: 143/427

Volleyball

Nombre de licenciés: 35 000

Nombre d’équipes en LNA: 10 / 9

Nombre moyen de spectateurs: 330/196

 

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