Toutes les étapes n'ont décidément pas la même saveur. Et au classement des bonnes tables, les Champs-Elysées devancent de plusieurs longueurs le Futuroscope. Gourmets, les sprinters ont fait la fine bouche vendredi lors de la 18e étape. Même si la table avait été dressée spécialement pour eux. Pour la première fois depuis le 3 juillet, les ogres ont laissé aux petits poucets échappés le droit de participer au banquet.

Le festin, c'est finalement Gianpaolo Mondini qui l'a dévoré, seul, ne laissant que les miettes à ses 12 compagnons d'échappée. Son succès, l'Italien l'a construit à 4 kilomètres de l'arrivée lorsqu'une rafale de vent lui a fait prendre un peu d'avance. Ce pistard averti a tout de suite compris l'avantage qu'il pouvait tirer de ce coup du destin. Sans se retourner, il s'est mis à rouler tête baissée.

Son avance n'a jamais été énorme. Mais elle a suffi. Car derrière lui, chaque coureur a attendu que son voisin prenne la responsabilité de la chasse. Résultat: tout le monde a préservé ses forces pour un final qui n'est jamais venu et c'est Gianpaolo Mondini qui a levé les bras avec délectation, en pensant à sa fiancée qu'il n'a plus revue depuis plus de 40 jours.

Au départ de Jonzac, personne n'attendait beaucoup d'étincelles d'un tronçon promis aux sprinters. Mais contre toute attente, Erik Zabel et Tom Steels sont restés dans le rang. Après une petite hésitation, ni les Mapei ni les Deutsche Telekom ne se sont mis en rang pour ramener le peloton, les leaders préférant garder un peu d'explosivité pour l'arrivée dimanche à Paris.