Avec le St. Jakob Park, le FC Bâle s'est offert un atout de poids. Des sponsors aux supporters, tout le monde est conquis. Au point de faire du club du président René C. Jäggi un modèle à suivre pour les autres clubs suisses.

Environ 7 millions de francs. C'est la somme que Toyota s'est engagé à verser en janvier dernier pour devenir le sponsor principal du FC Bâle jusqu'en juin 2004. Soit le plus gros montant investi jusqu'ici dans un sport collectif en Suisse. A titre de comparaison, Grasshoppers va toucher 1 million par année de Cablecom, son nouveau sponsor principal (le contrat porte sur les trois prochaines saisons). Pour l'anecdote, le groupe de télécommunication avait initialement voulu investir à Bâle, avant de s'incliner devant la proposition nippone.

Au centre de cette réussite, le nouveau St. Jakob Park (lire ci-contre). Premier stade moderne et multifonctionnel à voir le jour en Suisse, il représente un atout de poids pour le club du président Jäggi. Ainsi, avant même d'accueillir ses premiers spectateurs, l'enceinte a appâté les sponsors. Au point que les dirigeants bâlois se sont trouvés confrontés à un véritable embouteillage. En tête du peloton, Novartis. Le géant de la chimie désirait apparaître sur la poitrine des joueurs. Supplanté par l'offre de Toyota, il a dû se contenter des manches. Place occupée jusqu'ici par Swiss Casino, relégué lui sur les shorts. Enfin, Wella (cosmétiques capillaires) apparaît dans le dos, au-dessus du numéro des joueurs.

Bien qu'impressionnant, ce tableau de chasse n'est pas complet. L'équipementier Nike a prolongé son contrat jusqu'en 2004 et le merchandising est désormais confié à la firme Permashop SA. Cette dernière – déjà active en formule 1 (Sauber-Petronas et Ferrari) – commercialisera les nouveaux maillots, écharpes et autres mascottes du FCB dès le 15 mars, date du match inaugural contre Lausanne. Dès l'inauguration du centre commercial, les fans bâlois bénéficieront même d'un magasin permanent au St. Jakob Park. Soit une source de revenu supplémentaire pour le club…

Un homme, omniprésent, est à l'origine de l'accord avec Toyota et des bonnes affaires bâloises: René C. Jäggi. L'été dernier, il s'est rendu lui-même au Japon pour négocier directement avec la maison mère. Sans passer par Safenwil (AG), siège de la filiale suisse de la marque nippone. «Dans un premier temps, nous avons été surpris par cette démarche, reconnaît Eduard Tschanz, responsable de la communication de Toyota Suisse. Puis par le résultat obtenu. Le président Jäggi a vraiment fait fort…»

Le montant obtenu par le FC Bâle laisse Eduard Tschanz rêveur. «Toyota Suisse sponsorise l'équipe de hockey sur glace de Kloten. Mais les sommes engagées n'ont rien à voir. Selon les résultats obtenus, nous leur versons annuellement entre 200 000 et 250 000 francs.» L'arrivée dans le football suisse du numéro trois de l'automobile ne doit rien au hasard. Elle s'inscrit dans sa stratégie d'européanisation. D'ici à 2005, Toyota compte en effet vendre sur notre continent quelque 800 000 véhicules, dont au moins 50% produits en Europe. «Le choix du FC Bâle se fonde sur de solides réflexions, commente Eduard Tschanz. Il y a premièrement la passion sans pareille en Suisse pour ce club, encore exacerbée par le nouveau stade. D'autre part, Bâle est la deuxième ville de Suisse et, de par son importance économique et sa proximité des frontières française et allemande, une métropole d'envergure internationale.»

Malgré les sommes que les différents sponsors se sont engagés à verser (on parle d'un total compris entre 8 et 9 millions de francs), les dirigeants bâlois n'ont pas fait de folies sur le marché des transferts. Seuls Hakan Yakin (GC) et Hervé Tum (Sion) sont venus renforcer le groupe. Début des choses sérieuses pour les hommes-sandwiches de Christian Gross: ce dimanche, à la Fontenette. Bâle y affrontera Etoile Carouge en seizième de finale de la Coupe de Suisse.