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C'est ce geste qui restera de Stan Wawrinka au terme de sa carrière.
© Ian MacNicol

Tennis

Stan Wawrinka, le calme avant la bataille

Dimanche à 15h, le Vaudois a rendez-vous sur le Central de Roland-Garros avec Rafael Nadal. Il s'est préparé sereinement, entre volonté de profiter du moment et souci de ne pas se laisser envahir par la tension

Samedi, tandis que Jelena Ostapenko s'échauffait sur le court Central avant sa finale contre Simona Halep, Stan Wawrinka a brièvement interrompu sa préparation pour échanger durant une dizaine de minutes avec la presse suisse. Dans la petite salle de presse numéro 3, bureau et chaises alignées donnaient à l'endroit un petit air de classe d'école. Il y a bien longtemps que le Vaudois a réussi ses examens de passage et obtenu sa maturité tennistique.

Lire aussi: La sensation Jelena Ostapenko remporte Roland-Garros

Au lendemain de sa victoire en cinq sets sur Andy Murray en demi-finale, Wawrinka est apparu en bonne forme. «Je me sens bien, même mieux qu'attendu», s'étonna-t-il d'entrée. Les sportifs du dimanche le savent bien, les courbatures surviennent plutôt le mardi. Le surlendemain, donc. Pour éviter d'avoir les jambes lourdes dimanche au moment de défier Rafael Nadal sur son terrain favori, il s'est astreint dès vendredi soir à vingt minutes de bain glacé. Une habitude, mais la préparation d'une finale n'est qu'une succession de routines. «Bien faire les soins, bien manger, bien me reposer, bien m'entraîner, bien me préparer», énumère-t-il.

Pas au lit trop tôt

Les heures qui précèdent un grand match sont paradoxales. Il faut savoir s'en réjouir, prendre la mesure de l'exceptionnel - on ne joue pas une finale tous les jours - et en même temps s'en détacher, prendre du recul, banaliser l'évènement pour ne pas gaspiller trop d'énergie. «Il n'y a pas grand chose à faire», souligne Stan Wawrinka, qui prévoyait samedi d'aller «faire un tour en ville» et de ne pas se coucher trop tôt. «Je n'ai pas besoin de me lever tôt dimanche, j'aurais mes heures de sommeil.»

Alors que l'heure approche, la tension monte. «C'est inévitable. On ne veut pas perdre, on se dit qu'on ne rejouera plus d'autre finale après ça...» Des pensées parasites que l'esprit dissipe en se reposant sur le rationnel. «A ce stade, il n'y a pas grand-chose à faire. Je ne vais pas apprendre un nouveau coup ou travailler ma condition physique. C'est un peu comme ces joueurs qui veulent bien marcher en Grand Chelem et qui s'y préparent quinze jours avant. Non, c'est un travail de longue haleine.»

Un index sur la tempe

Il n'y a pas de hasard si Stan Wawrinka est en finale de Roland-Garros. Il n'y a pas de hasard si Rafael Nadal y est également. «Son jeu est totalement fait pour la terre battue! Il impose une grosse bataille physique, il y a toujours beaucoup de lift dans ses balles et ça revient tout le temps. Je trouve qu'il s'est encore amélioré en étant plus agressif, en se tenant plus près de la ligne de fond de court. Face à lui, c'est assez clair: il ne faut pas le laisser dicter l'échange.»

Stan Wawrinka porte un t-shirt noir qui reproduit la silhouette rose de son index pointé sur la tempe. Ce geste, apparu en finale de l'Open d'Australie contre... Rafael Nadal, est devenu, trois ans et trois titres du Grand Chelem plus tard, sa marque de fabrique. Sa signature. A notre sens, c'est ce geste (reproduit ici à Paris par plusieurs joueurs et joueuses) qui restera de sa carrière. «J'en serais heureux, répond-il, parce c'est ce qui a fait la différence entre ma première carrière, quand je n'étais qu'un bon joueur parmi d'autres, et ma seconde carrière, quand je suis devenu un vainqueur de Grand Chelem. Bien sûr, j'ai amélioré mon jeu au fil du temps mais c'est surtout mentalement que je suis allé chercher mes titres.»

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