Il n’y a déjà plus de Suisse dans le tableau masculin de l’Open d’Australie. Stan Wawrinka a été éliminé au deuxième tour par le Hongrois Marton Fucsovics, en cinq manches: 5-7 1-6 6-4 6-2 6-7. La décision s’est faite au super tie-break (premier à 10 avec deux points d’écart, instauré en 2019), perdu 9-11 par Wawrinka qui menait pourtant 6-1, puis 9-6 avec trois balles de match consécutives.

«Un match compliqué»

S’il n’a pas grand-chose à se reprocher sur la première à 9-6 (prise de risque payante en coup droit le long de la ligne de Fucsovics), il concéda les deux points suivants sur des fautes directes, d’abord en retour de service sur une deuxième balle, puis dans l’échange. Fucsovics marquait cinq points consécutifs et s’imposait pour la seconde fois en cinq confrontations (la première fois depuis le Geneva Open 2018). «J’ai eu ma chance, j’ai hésité un petit peu, j’ai trop voulu mettre la balle dans le court au lieu de bien la frapper, ça a mis mon adversaire en confiance et lui a permis de revenir», expliquait Stan Wawrinka en conférence de presse.

Ce final fut d’autant plus surprenant qu’il avait effectué une belle remontée pour parvenir à ce super tie-break. Mené deux manches à rien, le Vaudois a d’abord recollé au score puis effacé un break de retard à 5-3 dans la manche décisive. «Ce fut un match compliqué, avec des hauts et des bas, reconnaissait Stan Wawrinka. J’ai eu beaucoup de mal à bouger comme je le souhaitais, j’ai souvent hésité. J’étais loin de mon meilleur niveau… L’important était de me battre pour rester dans le match. Je l’ai fait, j’ai bien tenu, malheureusement je n’ai pas réussi à conclure.»

Nerveux au moment de servir pour le match, Fucsovics parvenait une ultime fois à renverser le rapport de force et à s’imposer. Après la balle de match, il se laissa tomber au sol, prenant sa tête entre ses mains, à la fois soulagé, incrédule et épuisé. Au troisième tour, le Hongrois affrontera le Canadien Milos Raonic, vainqueur sans trop de problèmes du Français Corentin Moutet (6-7 6-1 6-1 6-4).

Au matin du mardi 9 février: Belinda Bencic rejoint Stan Wawrinka au deuxième tour de l’Open d’Australie

«Ça fait partie du processus»

Vainqueur de l’Open d’Australie en 2014, puis de Roland-Garros en 2015 et de l’US Open en 2016, Stan Wawrinka fut encore finaliste des Internationaux de France en 2017 avant de devoir subir une lourde opération au genou. Revenu sur les courts à Melbourne en 2018, il mit plus d’une année à revenir à un bon niveau. Depuis, il semble se cogner à un plafond de verre face aux meilleurs ou lorsqu’il faut enchaîner les gros matchs. Il paraît également moins à l’abri d’un «accident» que par le passé.

Malgré cette défaite «qui fait mal, forcément, quand on a des balles de match», le Vaudois tirait à chaud un bilan positif de son voyage en Australie. «Je suis arrivé ici sans aucune forme après le covid. J’ai été mis à l’arrêt dans ma préparation Noël-Nouvel An. C’est une période compliquée pour tout le monde, quelle que soit sa profession, il faut s’adapter. Mais depuis que je suis arrivé ici, j’ai pu bien m’entraîner, et ces quatre-cinq semaines m’ont finalement été profitables. Je suis content de mon niveau actuel compte tenu de tout ça. Perdre au deuxième tour n’est évidemment pas satisfaisant dans l’absolu, mais je suis en meilleure forme qu’il y a quatre semaines. Les déceptions, les rechutes font partie du processus, il faut continuer.»