Il n’y avait pas vraiment de déçu en finale du tournoi de Rotterdam. D’ordinaire, le battu fait grise mine, mais dimanche, Stan Wawrinka n’avait pas de raison de bouder son plaisir. Sa défaite en finale (6-3 1-6 6-2) ne ternit pas une superbe semaine, la meilleure pour lui depuis près de deux ans. Et s’il fallait finir par perdre, que ce soit face à son ami Gaël Monfils lui met incontestablement du baume au cœur. Personnage fantasque dans un milieu souvent trop aseptisé, «La Monf'» méritait lui aussi de gagner à nouveau un titre, le huitième de sa carrière.

En cette belle après-midi ensoleillée, ce Monfils-Wawrinka aurait pu être un match d’entraînement sur un court de terre battue du TC Nyon où les deux hommes ont leurs habitudes. Aucun n’était véritablement attendu à pareille fête à Rotterdam, cadre de l’un des tournois ATP 500 les mieux pourvus du circuit. Malgré l’absence des membres du «Big 3» (Roger Federer, qui était venu l’an dernier y cueillir une place de numéro un mondial, Novak Djokovic et Rafael Nadal), on relevait un plateau haut de gamme avec la nouvelle génération presque au complet: Denis Shapovalov, Karen Khachanov, Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas, Lucas Pouille, Hyeon Chung. La plupart sortirent dès le premier tour mais il restait encore du beau monde.

Avec la manière

Stan Wawrinka a battu ainsi successivement Benoît Paire (7-6 6-1), Milos Raonic (6-4 7-6), Denis Shapovalov (6-4 7-6) et Kei Nishikori (6-2 4-6 6-4). Un seul set lâché, trois tie-breaks remportés, le Vaudois s’est hissé en finale avec la manière. Ce qui n’est pas un détail pour un joueur qui, lorsqu’il ne gagnait pas, se concentrait davantage sur le jeu et le contenu de ses matchs que sur leur résultat brut.

En huitième de finale, Wawrinka a battu Milos Raonic, qui l’avait éliminé à l’US Open en septembre 2018 puis à l’Open d’Australie en janvier de cette année. Ce dernier match fut particulièrement dur et frustrant, puisque joué lors de quatre tie-breaks. Quittant Melbourne, Stan Wawrinka s’efforçait alors de garder bon moral. «Si je me détache du résultat, je dois être content de mon niveau», assurait-il.

A nouveau un avenir

Cette fois, les résultats et les scores ont enfin raconté la même histoire. Un vrai soulagement pour le triple vainqueur en Grand Chelem, qui n’avait plus disputé de finale depuis celle de Roland-Garros, en juin 2017. Opéré en juillet du genou, Wawrinka n’était ensuite réapparu qu’en janvier 2018. Durant six mois, il ne gagna jamais plus de deux matchs d’affilée, puis passa trois tours à Cincinnati en août et encore trois à Saint-Pétersbourg à l’automne. Mais il se blessa alors au dos et mit un terme à sa saison en ouverture du tournoi de Bâle. Pour cette première saison postopératoire, son bilan était neutre: 17 tournois disputés, 17 victoires, 17 défaites (dont 5 au premier tour).

Stan Wawrinka va progresser au classement ATP de la 68e à la 41e place, ce qui lui ouvrira la porte de certains tournois (il a bénéficié d’une wild-card à Rotterdam). A quelques semaines de son 34e anniversaire, il sait désormais qu’il a encore un avenir.