Tennis

Stan Wawrinka laisse passer l'orage Fognini et se qualifie avant la pluie

Le Vaudois est en huitième de finale de Roland-Garros après une victoire convaincante en trois sets sur l'Italien Fabio Fognini (7-6 6-0 6-2). Dans sa moitié de tableau, Andy Murray s'est également montré en forme ascendante

De l'avis de tous les joueurs du circuit ATP, Fabio Fognini est un joueur très talentueux mais fantasque. Lorsqu'ils disent de lui «qu'il est capable de tout», ses adversaires ont un petit sourire entendu. Ils ne le craignent pas vraiment, surtout dans le contexte d'un match en cinq sets, parce qu'ils savent que l'Italien est branché sur courant alternatif, qu'il peut jouer très bien mais rarement très longtemps et que, souvent, il suffit d'attendre.

Mené 4-2 dans la première manche, Stan Wawrinka, qui n'avait jusqu'ici pas concédé le moindre set lors de ses deux premiers matchs, n'a ainsi ni paniqué ni renoncé. Il s'est efforcé de rendre difficile la tache de son adversaire. «Je n'ai jamais envie de perdre un set mais durant le premier, Fognini jouait vraiment bien et je voulais lui envoyer le message que, même si je le perdais, je serais toujours là. Face à un joueur aussi imprévisible, il faut lui rentrer dedans, ne rien lui donner.»

L'erreur de jugement de Fognini

C'est ainsi que Stan Wawrinka a recollé au score alors que Fabio Fognini servait à 5-4 pour le gain de la première manche. Peut-être l'Italien l'aurait-il emporté s'il n'avait pas, à 30-15, estimé «faute» une balle que l'arbitre jugea bonne. On croit Wawrinka lancé et Fognini détruit mais celui-ci reprend aussitôt le service du Suisse, qui mène 0-40 sur le jeu de service suivant de son adversaire. Fognini sauve cinq balles de dé-break, manque quatre balles de set et se voit contraint au tie-break, où Wawrinka se détache facilement (7-2).

Cette fois, le match a définitivement tourné. Stan Wawrinka accélère, autant pour laisser Fognini sous l'eau que pour finir avant la pluie. «Après le premier set, j'ai fait preuve de plus d'agressivité. J'ai vraiment imposé mon physique et je suis très heureux globalement de mon match», expliquait-il en conférence de presse, où il tirait un bilan très positif de sa première semaine: «C'est parfait en tout point. Je joue bien, je suis en confiance, j'ai gagné trois matchs en trois manches contre des joueurs difficiles. Je n'aurais pas pu faire mieux, je pense...»

Un Français au prochain tour

La pluie a interrompu les parties juste après la fin du match Wawrinka-Fognini. Le Suisse risque de ne pas connaître avant dimanche le nom de son prochain adversaire en huitième de finale, prévu lundi. Ce sera un Français, Gaël Monfils ou Richard Gasquet. Deux vieilles connaissances. «Je n'ai pas de préférence, assure Stan Wawrinka. Je ne peux pas choisir de toute façon et il faudra voir quand ils vont terminer leur match, combien de temps cela va durer... Ce sera une belle bataille, ce sera compliqué car c'est toujours particulier de jouer un Français ici, devant son public et chez lui. J'ai déjà joué plusieurs fois Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga ici et contre Richard, cela avait fini en cinq sets. En revanche, je n'ai jamais affronté Gaël. Mais je me sens bien, en confiance et je connais mon niveau, je peux battre tout le monde.» 

Murray monte en puissance 

Dans l'autre match-phare de la journée, le numéro un mondial Andy Murray a usé l'Argentin Juan Martin del Potro. Le score (7-6 7-5 6-0) ne dit pas ce que fut cette bataille, surtout dans les deux premiers sets. Comme ils en ont pris l'habitude, les deux joueurs ont offert un excellent spectacle aux spectateurs du Central. La première manche dura 1h24, le tie-break seize minutes. del Potro, qui mena 5-3, manqua quatre occasions de conclure, avant de céder 10-8. Il resta longtemps prostré, appuyé sur le filet, comme s'il prenait pleinement conscience d'avoir laissé passer sa chance. En manque de condition, touché aux adducteurs, «Delpo» (le public scanda plusieurs fois son surnom) ne pouvait espérer tenir que trois sets. Il lâcha après deux. Mais Murray y est aussi pour quelque chose. L'Ecossais monte lentement mais sûrement en régime dans ce tournoi. «C'est mon meilleur match de la saison sur terre battue», se réjouissait-il.

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