US Open

Stan Wawrinka prêt à défier Novak Djokovic

Le Vaudois est en finale de l’US open pour la première fois. Toujours aussi solide mentalement, il a su patienter, sans s’énerver, pour trouver les solutions face à Kei Nishikori et s’imposer en quatre sets (4-6,7-5,6-4,6-2). Un match, un tournoi à l’image de sa carrière. «StanTheMan» est en route pour tenter d’écrire une nouvelle page d’histoire

On en revient toujours à la même chose. Quand Stan Wawrinka affiche cette détermination et cette sérénité, on le sent capable de déplacer le Cervin. Rien ne l’arrête, pas même Kei Nishikori avec sa rapidité de déplacement, ses retours dans les pieds et ses montées au filet.

Certes, il prend son temps. Comme souvent. Dans cette demi-finale, à l’image de sa carrière, il démarre en retrait, ne trouve pas tout de suite les solutions, puis impose petit à petit son jeu, renverse la vapeur, prend le large, mais se fait encore une ou deux frayeurs en laissant le Japonais revenir, puis se ressaisit pour montrer de quel bois il se chauffe. Dans la moiteur de la nuit new yorkaise où un taux d’humidité record dépasse les 90%, il aura sué jusqu’au bout, pour user Nishikori et s’imposer en quatre manches.

Troisième finale de Grand Chelem

Stan Wawrinka est en finale. Pour la première fois à l’US open, pour la troisième fois en Grand Chelem. Et ça le rend euphorique. Ni plus ni moins qu’à Melbourne ou Paris. Le goût est le même, seule diffère la subtilité des saveurs. « Les émotions ne sont pas tout à fait les mêmes même si il y a de nombreuses similitudes, confie-t-il. Je suis super content. C’est quelque chose d’exceptionnel dans ma carrière Quand j’arrive dans un Grand Chelem, je ne me dis pas «si je suis en finale c’est bien». Je prends match après match et si je suis en finale, je suis super heureux.»

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Après son premier tour piège maîtrisé face à Verdasco, on lui avait demandé si ce premier écueil dressé sur son chemin n’était pas finalement une bonne chose. «On aura la réponse dans dix jours.» Son sourire en disait déjà long sur ses intentions. Et dix jours, ça nous menait au 11 septembre, jour de la finale. Magnus Norman, son coach, le dit: «Ici, Stan est mentalement connecté, émotionnellement aussi.  Je ne l’ai pas vu jouer aussi bien pendant la saison sur terre et encore moins sur gazon.»

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Ensemble, ils ont bossé dur dans la perspective de cette dernière levée de Grand Chelem de la saison. Et, depuis le premier jour, il s’est mis en marche pour tendre vers un nouvel exploit possible sans dévier de sa trajectoire. Ou presque. «J’aurais pu perdre contre Evans. J’ai sauvé une balle de match, sourit-il. Wimbledon a été une énorme déception même si j’ai perdu contre un grand joueur comme Del Potro. Derrière, j’ai pris le temps de vraiment bien travaillé. Malheureusement ça m’a amené une blessure à Toronto. Du coup, j’ai dû adapter mon programme mais ça m’a donné plus de temps. Et je suis arrivé ici en ayant la conviction que j’étais prêt tennistiquement et physiquement. J’ai tout de suite réussi à rentrer dans le tournoi pour avancer tour après tour.» Elle est là, la clé. Dans cette mise en condition dès l’entame. Sans perdre son sang-froid à la première difficulté comme ça lui arrive parfois.

En face, la montagne Djokovic

Il ne lui reste plus qu’une marche, la plus haute, à gravir pour s’adjuger une troisième couronne et faire partie du club encore plus sélect de vainqueurs de trois des 4 tournois du Grand Chelem. Il est prêt à faire le pas. En face, dimanche, ce sera Novak Djokovic. Mais ça ne lui fait pas peur. Au contraire, ça l’excite. En plus les finales, ça le connaît. La statistique en jette: dix pour dix victoires depuis deux ans. «Quand j’arrive en finale, c’est que je suis en pleine confiance. Je sais que je suis capable de jouer mon meilleur tennis. Mais contre Novak, tu peux jouer ton meilleur tennis et perdre quand même. Ce sera un gros match. » Et même si le Vaudois a passé deux fois plus de temps sur le court que Djokovic pour arriver en finale, l’essentiel sera ailleurs. «Stan récupère très vite. Je suis toujours aussi surpris par ça. Il a vraiment plusieurs vies. Il peut passer des heures sur le court et revenir encore plus fort.»

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Fragile par moments, StanTheMan est un dur quand sonne l’heure du combat ultime. Plus le défi est de taille, plus ça le transcende.  Le numéro un mondial en sait quelque chose. L’éloge est éloquent et claque dans sa bouche comme un de ces retours de service dont il a le secret: «Depuis deux ou trois tours, Stan est dans cette forme qui le rend capable de gagner de grands matches, confie Djokovic. J’ai perdu contre lui en finale de Roland Garros et en quarts de finales de l’open d’Australie. Lors de la conquête de ses deux couronnes en Grand Chelem, il m’a battu en chemin.  Avec ces deux titres, la Coupe Davis et une médaille olympique à son palmarès, il croit en lui. Les grandes occasions ne l’intimident pas. Il aime disputer ces grands matchs. » Et le numéro un mondial d’encenser aussi le jeu de «Stanimal». «Il est puissant, possède un gros service et le revers à une main le plus efficace du monde. Il peut tout faire, possède une grande variété de coups. Il est dangereux pour tout le monde.»

Adversaires complices

Ces propos confirment les liens tissés entre Wawrinka et Djokovic au fil de leurs mémorables duels où leur opposition de style fait des merveilles. «Avec Novak, on est assez proches, on s’entend très bien. C’est pour ça qu’on s’entraîne souvent ensemble depuis des années. On a vécu de grands matchs en Grand Chelem. La finale de Roland, c’était beaucoup d’émotions. Du coup c’est toujours un plaisir de jouer l’un contre l’autre. Avec moi, il a toujours été très fair-play, qu’il gagne ou perde. Il y a un respect mutuel installé depuis des années. Je me réjouis de cette finale.» Il est bien lancé Stan Wawrinka…

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