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Stan Wawrinka lors de son match de premier tour contre Ricardas Berankis à Melbourne, le 16 janvier 2016.
© Toru Hanai/Reuters

Tennis

Stan Wawrinka reste à Melbourne «encore quelques jours»

Même si son tempérament de compétiteur lui a permis de passer le premier tour, le Vaudois s’estime trop juste pour aller loin. Roger Federer, lui, s’est qualifié sans problème

Pour le sportif, un genou opéré devient autre chose qu’une articulation. C’est un compagnon que l’on tâte, caresse, inspecte et observe en permanence pour en prendre la température, au propre comme au figuré. On lui parle, parfois. Il répond à sa manière. C’est quasiment un être vivant, autonome, qui fait un peu ce qu’il veut et le plus souvent sans prévenir.

A Melbourne, où Stan Wawrinka effectuait son grand retour après une blessure «proche d’être inopérable» selon ses propres mots, les caméras ont zoomé sur ce genou gauche fendu d’une cicatrice encore rouge longue d’une dizaine de centimètres. «Et c’était encore plus vilain à l’intérieur», ironise-t-il. Le Vaudois n’avait plus joué depuis le 3 juillet 2017 (à Wimbledon). Quelques jours avant le début du tournoi, il ne savait pas s’il serait en mesure de participer. Finalement, il est bien là, sans beaucoup d’autres repères qu’une main souvent posée sur son genou. «Pour me reposer, indiquait-il après la rencontre, parce que j’étais vraiment fatigué. Je crois bien que je ne l’ai jamais autant été à l’issue d’un match depuis quatre ans.»

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Mardi, Wawrinka a donc combattu deux adversaires: le Lituanien Ricardas Berankis (136e mondial) mais aussi son genou gauche, puisqu’il ne parvient pas encore à jouer avec lui. «J’ai tellement de choses à faire et à penser que tout me coûte trois fois plus d’énergie qu’avant.»

«Une petite hésitation dans la tête»

Il s’en est néanmoins sorti, après 2h48 de match sous le cagnard australien (la véritable canicule est annoncée pour jeudi), en quatre sets (6-3 6-4 2-6 7-6). Berankis y mit du sien en s’obstinant à jouer les lignes (souvent du mauvais côté) face à un adversaire encore visiblement limité dans ses déplacements. «Je n’ai pas encore retrouvé toute la flexion du genou ni la totalité du volume musculaire de la cuisse, détaille Stan Wawrinka. C’est surtout sur les petits déplacements bas, lorsqu’il faut pousser sur la jambe au premier appui, que j’ai encore un peu de peine. J’ai aussi encore une petite hésitation dans la tête, et tout cela suffit à me mettre en retard sur la balle.»

Je sais bien que je ne serai plus là dans dix jours. Ce ne sera pas grave, je retournerai travailler

Stan Wawrinka

Menant deux sets à zéro, le Suisse se fit une frayeur en perdant sept jeux consécutivement, de 2-2 dans la troisième manche à 0-3 dans la quatrième. Il sut se faire violence, porté par un service impeccable, pour éviter un cinquième set qui lui aurait sans doute été fatal et conclure proprement dans le tie-break (7-2). «Gagner aujourd’hui était inespéré. C’est une très grande émotion, et sans doute l’une de mes plus grandes victoires», estime-t-il. «On ne se rend pas compte d’où Stan revient, souligne son entraîneur Yannick Fattebert. Il ne dispute des manches complètes à l’entraînement que depuis une semaine, et encore pas plus de deux sets à la suite. Là, il en a joué quatre, avec une tout autre intensité.»

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D’ici à son prochain tour, jeudi contre l’Américain Tennys (!) Sandgren, un joueur à peine mieux classé que Berankis (97e mondial), va s’efforcer de récupérer. A chaque jour ses découvertes, puisque tout dans ce qu’il vit ici est nouveau pour lui. «C’est vrai, mais je reste un compétiteur. A la fin, j’ai quand même envie de gagner chaque fois que je monte sur le court.» Un peu plus tard, il avouera néanmoins: «Je sais bien que je ne serai plus là dans dix jours. Ce ne sera pas grave, je retournerai travailler.»

Federer fait plus que le service minimum

Roger Federer, lui, sera sans doute là encore un petit moment. Peut-être jusqu’en demi-finale contre Novak Djokovic, qui a fait forte impression face à Donald Young (6-1 6-2 6-4). Comme Wawrinka, le Serbe n’avait plus joué depuis Wimbledon. Avant d’atteindre cet horizon, le Bâlois devra franchir les tours et passer les obstacles. Une tâche qu’il a entreprise avec beaucoup de sérieux en night session (en fait il faisait encore jour, mais plus vraiment chaud) contre Aljaz Bedene. Un match tranquille, Federer prenant un service d’avance en début de chaque manche. Il rencontrera au prochain tour l’Allemand Jan-Lennard Struff. «Grand, bon serveur, agressif sur les deuxièmes balles», détaille-t-il déjà, sans aucun effort de mémoire.

Pour son retour officiel à Melbourne un an après cette inoubliable finale contre Rafael Nadal, Roger Federer se souviendra davantage de l’avant et de l’après-match. «Par hasard, je me suis retrouvé à l’échauffement dans la pièce où j’avais fêté ma victoire, pendant vingt bonnes minutes seul avec mes proches.» L’après, c’est-à-dire 1h39 plus tard, mit le Bâlois aux prises avec un drôle d’intervieweur.

Descendu des tribunes, l’acteur et comique américain Will Ferrell (un fidèle du tournoi d’Indian Wells) compara son style à celui d’«une soyeuse gazelle», se demanda s’il n’était finalement pas, vu sa longévité, «une sorcière ou un vampire», et se moqua de l’accent australien où «Come on Roger» devient: «Cama Rajah». Plus tard en conférence de presse, il admit que certains matchs n’étaient pas toujours intéressants, ni pour le public ni pour la presse, et qu’en faire un petit peu plus faisait aussi partie de son job.

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