US Open

Stan Wawrinka revient de loin

Le numéro 3 mondial s’est imposé en cinq sets (4-6, 6-3, 6-7, 7-6, 6-2) face à l’étonnant Daniel Evans. Le Vaudois a sauvé une balle de match contre lui au cours de ce match épique et électrique de plus de 4 heures

Ils se souviendront de leur première rencontre. Une confrontation virile de plus de 4 heures d’où l’on sort forcément marqué pour ne pas dire sonné. «J’ai le cœur brisé», avoue Daniel Evans peu après avoir quitté l’arène survoltée du court Louis Armstrong où Stan Wawrinka a fini par le mettre k.o. «J’ai besoin de prendre un peu de repos, physiquement et mentalement, dit-il, son regard bleu perdu dans le vide. C’était difficile de quitter le court ce soir dans la peau du perdant.»

Il faut dire qu’il vient de passer à côté de la performance de sa vie, le Britannique, 63e à l’ATP mais encore 123eau mois d’avril et 763e en juin 2015. Une ascension fulgurante qu’il doit à un talent enfin servi par une hygiène de vie digne du haut niveau. Daniel Evans, 26 ans, a des jambes et du culot, et il slice à tout va.

Le Vaudois d'abord frustré

Au début du match, un vilain petit vent, et un court Louis Armstrong plus rapide que les années précédentes, empêchent Stan Wawrinka de faire son jeu. La frustration le gagne. Il tâtonne et se retrouve souvent acculé à la faute par Evans qui défend bien. Il perd le tie-break de la 3e manche et se retrouve mené deux sets à un. «Les conditions étaient difficiles et il est très talentueux, racontera le numéro 3 mondial. Il a très bien joué aujourd’hui. Il a su être agressif dans les moments où il fallait et a sorti de très bons passings. Mais ce qui m’a le plus gêné, c’est moi-même dans mes choix. J’étais un peu hésitant. J’avais du mal à trouver le bon jeu pour pouvoir petit à petit m’imposer.»

La quatrième manche vire quasiment à l’insoutenable. Une atmosphère électrique avec une foule extatique qui crie son envie de voir le numéro 3 mondial sauver sa peau. Dans cette fièvre du samedi soir, Stan Wawrinka commence à davantage lâcher ses coups et dicter l’échange. «Je sentais que je commençais à être plus clair, que je parvenais à le faire davantage travailler et courir. J’ai raté des balles de break mais j’étais sur le bon chemin. Je sentais qu’il n’était pas loin de lâcher mais ce n’était pas évident car il a tenu tout le 4e set en sortant des bons coups.»

Un moment crucial

Dans le tie-break de la 4e manche, le Vaudois, en sursis, doit sauver une balle de match contre lui. L’instant est crucial. D’un geste des bras, il invite le public à l’encourager. Il sait qu’empocher ce set serait quasiment synonyme de victoire. Evans donne des signes de fatigue. «J’ai souvent vécu des matches en 5 sets sur ce court. Quand il y a une ambiance comme ça, j’essaie de trouver ce qui pourrait m’aider et me porter pour mieux jouer.» Ca marche. Balle de match sauvée avec un point qu’il va chercher au filet. «C’est toujours stressant une balle de match. Tu n’as pas le droit à l’erreur. J’ai fait une bonne montée. Lui n’a pas assez appuyé son passing et derrière j’étais prêt à conclure au filet.» Il sait l’entame du 5e set décisive, et prend le dessus dès le premier jeu pour aller cueillir son ticket pour les 8e de finales. 

Une première pour Wawrinka

En Grand Chelem, c’est la première fois que Stan Wawrinka s’impose après avoir sauvé une balle de match. Sa joie et sa satisfaction sont à la hauteur de la frayeur qu’il s’est fait et des sueurs froides données à son coach, Magnus Norman. Il s’en souviendra de sa première rencontre avec Daniel Evans.

Au prochain tour, il affrontera l’Ukrainien Illya Marchenko, 63e joueur mondial, invité surprise de ce 8e de finales après l’abandon de Nick Kyrgios, blessé Le clash espéré avec le fantasque Australien n’aura donc pas lieu. Pas forcément un mal pour «Stanimal». 


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