Tous les matches ne sont pas excitants, tous les terrains de jeu ne sont pas engageants. Mais même les mauvais plans mènent en finale. Or ce mardi, Stanislas Wawrinka semblait égaré parmi la cohue bavarde du court no 6, quelque part entre ombre (arbres géants du parking adjacent) et lumière (reflets aveuglants du soleil couchant). Le reste à l’avenant: un adversaire parfois «molachon», une ambiance de kermesse, des odeurs de saucisses grillées. Un parfum d’arrière-court.

Nonbstant quelques contrariétés au service et un jeu exagérément stéréotypé, voire obtus, Stanislas Wawrinka semblait venir à bout de Nicolas Lapentti et de sa propre indolence (6-4 6-3). Mais ce n’était qu’une impression. Peu à peu, le Vaudois a perdu le nord, puis la boussole. Faute de plan B, il a fini par égarer les trois derniers sets (7-6 7-6 6-3) à une heure avancée de la nuit, dans une ambiance «latino», à renfort de fautes directes. Le tout contre un adversaire de 33 ans, finalement perclus de crampes, localisé à la 168e place ATP.

«C’est une grande déception, convient Stanislas Wawrinka. Au début du troisième set, j’ai commencé à ressentir de fortes douleurs dans le bas du dos. J’ai eu des difficultés à servir. Dans ces conditions, on se pose trop de questions. En tout cas moi...» Les douleurs sont apparues pour la première fois à Wimbledon. «Rien de grave», élude Stanislas Wawrinka, qui ajoute avec philosophie: «J’ai raté ma tournée américaine, impossible de le nier. Il est clair que lorsqu’on regarde Roger (ndlr: Federer), on a l’impression qu’il est facile de remporter des tournois du Grand Chelem. Or, ce n’est pas aussi évident. Chacun mène sa propre carrière, et la mienne doit maintenant repartir dans la bonne direction.»