«Les étapes pyrénéennes de samedi et dimanche vont faire souffrir les gars, mais vous verrez, il ne se passera rien au niveau de classement général.» Hendrik Redant, directeur sportif de la formation Silence-Lotto de Cadel Evans, n’est pas là pour faire de la pub à la Grande Boucle. Alors, avant même le départ de la 8e étape, à Andorre-la-Vieille, le Belge annonce la couleur: «Après cette arrivée à Arcalis hier [vendredi], la course va rester bloquée pour une semaine. D’après moi, jusqu’à l’arrivée au sommet à Verbier [le dimanche 19 juillet], ça ne va pas bouger entre les meilleurs au classement général.»

Samedi, en tous les cas, la course lui a donné raison. Avec trois ascensions dont deux de première catégorie (le Port d’Envalira et le Col d’Agnès), le menu s’annonçait copieux. Mais quand une étape se termine par 40 kilomètres en descente, les gros bonnets ont tendance à rester groupés et à abandonner le terrain aux baroudeurs.

Après de nombreuses escarmouches, la bonne échappée a réuni quatre membres en direction de Saint-Girons: le Français Sandy Casar, le Russe Vladimir Efimkin et les Espagnols Mikel Astarloza et Luis-Leon Sanchez. C’est ce dernier, coureur de la formation Caisse d’Epargne, qui a planté la bonne banderille dans les 200 derniers mètres pour décrocher la timbale.

Le maillot jaune reste sur les épaules de l’inattendu Rinaldo Nocentini, qui devance toujours Alberto Contador (à 6’’) et Lance Armstrong (à 8’’), et peut envisager les prochains jours avec un optimisme raisonnable. Dimanche entre Saint-Gaudens et Tarbes, deux monuments du cyclisme – les Cols d’Aspin et du Tourmalet – figurent certes au programme. Mais le second nommé trône à septante kilomètres de l’arrivée, et les ténors devraient une fois encore se neutraliser avant de tout donner lundi, lors du jour de repos prévu à Limoges.